Le gouvernement de la République démocratique du Congo a chargé vendredi, lors de la quatre-vingtième réunion du Conseil tenue à Kinshasa, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat, ainsi que le ministre des Mines, directement impliqués, de « former une commission mixte composée de leurs experts, afin de proposer, dans les meilleurs délais, un dispositif plus efficace, susceptible de renforcer la synergie et assurer la cohérence des actions menées par les différentes équipes de contrôle. Des propositions concrètes devront être faites pour une réforme sur la protection de l’environnement et des populations riveraines, afin de sécuriser les activités d’exploitation minière sur toute l’étendue de la République. Les experts de la Primature viendront en renfort à ladite commission ».
Pour le gouvernement, « étant donné que la protection de l’environnement constitue l’un des enjeux des douze engagements retenus dans le cadre du programme dit de "Facilité pour la Résilience et la Durabilité", conclu avec le FMI, dont l’échéance est fixée à février 2027, il est nécessaire d’améliorer l’opérationnalisation du dispositif actuel ».
La pollution de l’air, des eaux et plus globalement de l’environnement dans les différentes zones d’exploitation minière est devenue l’une des préoccupations gouvernementales.
Selon la Première ministre, Judith Suminwa, qui a abordé cette question lors du quatre-vingtième Conseil, a rappelé que « récemment, le gouvernement a dépêché des équipes sur le terrain, précisément dans le Lualaba ainsi que dans le Haut-Katanga, pour s’enquérir davantage de la situation. Le rapport établi révèle, d’une part, des manquements graves dans le chef de plusieurs entreprises et, d’autre part, des dysfonctionnements structurels dans les dispositifs de contrôle engageant la responsabilité des services techniques directement impliqués dans la chaîne ».
Pour rappel, le 4 novembre 2025, un incident environnemental s’était produit sur le site industriel de la société minière CDM (Congo DongFang International Mining), à Lubumbashi, à la suite d’un déversement d’eaux usées toxiques ayant affecté des quartiers environnants et des sources d’eau utilisées par les populations riveraines. Face à la gravité de la situation, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, avait ordonné la suspension des activités de l’entreprise pour une durée de trois mois, tout en instruisant la mise en place d’une commission interministérielle chargée d’évaluer les dégâts, de coordonner la prise en charge des victimes et de proposer des mesures correctives. Les quartiers Kasapa, Kamatete et Kamisepe sont les principales entités touchées par ces eaux usées de CDM.
Bienvenu Ipan