La directrice exécutive de l’ONG Resource Matters, Elisabeth Caesens, estime que le lancement d’un audit du contrat minier signé en 2008 entre la RDC et un consortium chinois est une bonne nouvelle, même si l’annonce intervient tardivement.
Pour Resource Matters, l’audit du contrat minier RDC-Chine est "une occasion importante de clarifier les soupçons de mauvaise gestion, de déséquilibre financier et de manque de transparence dans le projet Sicomines".
Cet accord, conclu sous Joseph Kabila et renégocié récemment par Félix Tshisekedi, reposait sur le principe « ressources contre infrastructures » : l’accès aux minerais congolais en échange du financement d’infrastructures. Elle le faisait savoir sur RFI.
Des promesses largement non tenues
Selon Elisabeth Caesens, les résultats de cet accord sont très décevants. La RDC attendait 3 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures. Après plus de quinze ans, moins d’un milliard de dollars a été réellement décaissé.
Certaines infrastructures réalisées seraient surfacturées ou de qualité insuffisante. Elle estime que l’audit pourrait révéler des irrégularités, notamment des détournements ou des projets gonflés artificiellement.
Un système de paiement jugé défavorable au Congo
La responsable de Resource Matters critique aussi le mécanisme de paiement lié au cuivre : "les revenus versés à la RDC ne dépendent pas du volume exporté par les entreprises chinoises. Les paiements restent les mêmes, même si le prix du cuivre augmente fortement". Selon ses calculs, "la RDC aurait perdu plus de 100 millions de dollars en 2024 à cause de cette clause".
Soupçons de conflits d’intérêts
Elisabeth Caesens affirme également que lors des précédentes négociations, la partie chinoise aurait payé des primes ou jetons de présence à des négociateurs congolais, ce qui pourrait constituer un conflit d’intérêts majeur. Elle appelle donc à ce que les coûts de l’audit et des négociations soient pris en charge par l’État congolais pour garantir l’indépendance du processus.
Le problème de la Sicomines
Elle souligne enfin deux problèmes majeurs concernant la société minière Sicomines : Les recettes versées à l’État congolais restent insuffisantes, ainsi que l’utilisation de ces fonds par l’État manque de transparence.
Jean-Baptiste Leni