RDC-FMI : un accord préliminaire sur la 3e revue du programme économique et la 2e revue du volet climatique

La mission de FMI à Kinshasa, reçu par le ministre de finances, Doudou Fwamba
La mission de FMI à Kinshasa, reçu par le ministre de finances, Doudou Fwamba
PAR Deskeco - 06 mai 2026 19:33, Dans Actualités

 

La mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Calixte Ahokpossi, s’est achevée à Kinshasa le 6 mai 2026 après près de deux semaines d’échanges soutenus avec les autorités congolaises. Au centre des discussions : la troisième revue du programme économique appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), couplée à la deuxième revue du programme climatique soutenu par la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Durant son séjour, du 23 avril au 6 mai, la délégation du FMI a multiplié les séances de travail avec les principaux piliers de la gestion économique du pays : les ministères du Plan, des Finances et du Budget, la Banque centrale du Congo (BCC), ainsi que l’Inspection générale des finances (IGF). Ces échanges ont également impliqué des acteurs du secteur privé et des partenaires techniques, dans une logique d’évaluation globale des réformes engagées.
À l’issue de la mission, un accord préliminaire a été trouvé au niveau des services du FMI sur cette troisième revue, ouvrant la voie à un examen par le Conseil d’administration prévu en juin 2026. Cette étape conditionne un nouveau décaissement en faveur du Trésor public, dans le cadre d’un programme triennal conclu en janvier 2025.
« La mission du FMI et les Autorités de la RDC sont parvenues à un accord préliminaire au niveau des services sur la troisième revue du programme économique et financier triennal de la RDC soutenu par le FMI au titre de la FEC ainsi que sur la deuxième revue du programme triennal axé sur lutte contre le changement climatique de la RDC soutenu par le FMI au titre de la FRD, sous réserve d’approbation par la Direction générale et le Conseil d’administration du FMI », a-t-on lu dans la déclaration finale parvenue à Deskeco.

Le programme soutenu par la FEC, d’un montant global d’environ 1,5 milliard USD, avait été approuvé en janvier 2025. La première revue, validée en juillet 2025, avait permis un décaissement de près de 262 millions USD. Les autorités avaient enregistré des avancées sur la mobilisation des recettes, avec une amélioration des performances de la DGI et de la DGDA, ainsi qu’un début de rationalisation des dépenses publiques.
La deuxième revue, conclue en décembre 2025, avait donné lieu à un nouveau décaissement estimé à 260 millions USD. Elle intervenait dans un contexte marqué par des pressions sécuritaires dans l’Est, et des tensions sur les finances publiques. Malgré cela, le FMI avait jugé les résultats globalement satisfaisants, notamment grâce aux efforts du maintien de la discipline budgétaire et à une relative stabilité du taux de change, soutenue par les interventions de la BCC.

Une troisième revue entre continuité et ajustements

La troisième revue s’inscrit dans cette dynamique, avec une attention particulière portée à la qualité de la dépense publique, à la transparence dans la gestion des finances de l’État et à la consolidation des réformes structurelles. Le Fonds monétaire international encourage notamment une meilleure orientation des dépenses sociales, dans un contexte où les attentes de la population restent fortes.
Du côté climatique, la deuxième revue du programme FRD a mis en avant des avancées, notamment l’adoption anticipée d’une méthodologie d’évaluation de l’impact climatique des investissements publics. Toutefois, des efforts restent attendus, en particulier sur la révision du code forestier et la coordination entre institutions. La première revue est intervenue en décembre 2025 avec un décaissement de 182 millions USD.

Une coordination institutionnelle sous observation

Au fil des réunions, le rôle des différentes institutions économiques congolaises s'est avéré central. Le ministère des Finances et celui du Budget restent en première ligne pour le suivi des engagements budgétaires, tandis que la BCC veille à la stabilité monétaire.
Le ministère du Plan, de son côté, intervient dans l’alignement des politiques publiques avec les objectifs de développement, alors que l’IGF continue d’intensifier ses contrôles pour limiter les dérapages.
Cette coordination est scrutée de près par le FMI, qui y voit une condition essentielle pour maintenir la trajectoire actuelle.
Si l’approbation finale intervient en juin prochain, la RDC pourra poursuivre son programme avec un appui financier supplémentaire, mais aussi avec une pression constante pour maintenir le rythme des réformes engagées.

Jean-Baptiste Leni

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