Le gouvernement de la République démocratique du Congo organise, sous le patronage du chef de l'État, une campagne permanente visant à susciter un élan de solidarité collective et à mobiliser des moyens additionnels pour répondre de manière plus efficace et durable aux besoins humanitaires urgents et assurer la protection sociale et l'inclusion économique des groupes vulnérables dans la partie Est du pays.
Cette initiative de solidarité nationale portée par le ministère des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale à travers la Caisse de solidarité nationale et Gestion humanitaire des catastrophes (CSN-GHC) sera lancée le 25 août 2026 par le président de la République, Félix Tshisekedi.
L'objectif poursuivi est de mobiliser des ressources financières, matérielles et techniques afin de renforcer l'assistance humanitaire et les mécanismes de protection sociale en faveur des déplacés internes, enfants en rupture sociale dits « enfants de la rue, des victimes des catastrophes naturelles, et des groupes vulnérables (orphelins, veuves, personnes
handicapées et personnes âgées et autres indigents ou vulnérables) et améliorer durablement leurs conditions de vie et leur résilience.
Selon la ministre d'État, un budget estimatif de 1,4 milliard USD est attendu à l'issue de cette campagne de solidarité nationale.
"Nous penchons sur la mobilisation des ressources à ce niveau-là (1,4 milliard USD)", a déclaré la ministre Ève Bazaiba, lors d'un breifing spécial organisé le jeudi 13 août 2026 à Kinshasa par le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
À la question de savoir la part du gouvernement, la ministre d'État a répondu :
"Le gouvernement de la République démocratique du Congo va mettre les moyens pour nourrir son fils, sa population. Jusqu'à présent, le Trésor public congolais est le seul à nourrir les déplacés internes et les réfugiés à l'externe".
Collecte de fonds et de dons matériels
Pour atteindre cet objectif, le gouvernement mise sur la collecte de fonds et de dons matériels auprès des institutions publiques, des entreprises privées, des organisations de la société civile, de la diaspora congolaise et des partenaires internationaux. Ces contributions permettront de financer les interventions humanitaires prioritaires et de répondre aux besoins urgents des déplacés internes, des victimes de catastrophes naturelles et d'autres groupes vulnérables. Cette présente campagne ne vise pas uniquement une réponse humanitaire, mais s'inscrit également dans une approche intégrée humanitaire-sociale, visant la protection sociale, l'inclusion économique et la restauration de la dignité humaine.
Gestion des ressources mobilisées
Les modalités de gestion des ressources mobilisées dans le cadre de la campagne seront assurées dans le strict respect des dispositions légales et réglementaires en vigueur en matière de finances publiques, notamment celles prévues par la Loi de finances de l'exercice en cours, ainsi que conformément aux procédures administratives, comptables et financières applicables au sein de la CSN-GHC.
À cet effet, un mécanisme de suivi, de traçabilité et de reddition des comptes sera mis en place afin de garantir une gestion transparente, rigoureuse et efficiente des fonds collectés. Des rapports périodiques relatifs au niveau de mobilisation des ressources, à leur gestion ainsi qu'à leur utilisation seront régulièrement soumis au Comité de pilotage pour examen et orientation.
Par ailleurs, l'affectation et l'utilisation des ressources mobilisées feront l'objet d'une
concertation préalable entre le Secrétariat technique et le Comité de pilotage, en vue
d'assurer une allocation cohérente, équitable et conforme aux priorités stratégiques et opérationnelles de la campagne
Près de 15 millions de personnes vivent dans des conditions extrêmement précaires

Près de 15 millions de personnes vivent dans des conditions extrêmement précaires, caractérisées par un accès limité aux abris, à l'eau potable, à l'alimentation, aux soins de santé et à l'éducation. Les femmes, qui représentent environ 51 % des déplacés, ainsi que les enfants, sont particulièrement exposés à des risques accrus, notamment les violences basées sur le genre, la malnutrition et les maladies.
Face à cette situation alarmante, les capacités d'intervention des acteurs
humanitaires, bien que significatives, demeurent insuffisantes au regard de l'ampleur des besoins. Les ressources disponibles sont limitées, et les besoins continuent de croître en raison de la persistance des crises. Il devient dès lors impératif de renforcer les mécanismes de mobilisation des ressources à l'échelle nationale et internationale. Au-delà des déplacés internes et des victimes des catastrophes naturelles, cette situation affecte de manière disproportionnée plusieurs groupes vulnérables structurels dans l'ensemble du pays. Ces groupes cumulent des vulnérabilités multiples, aggravées par l'absence de dispositifs de protection sociale robustes. C'est dans ce contexte qu'est initiée la Campagne permanente de solidarité nationale pour les déplacés internes dans l'est de la RDC, les victimes des catastrophes naturelles et autres personnes vulnérables à travers le pays.
Bienvenu Ipan