Le drame survenu mercredi sur le site de Luwowo/Kasasa, dans la région minière de Rubaya, en territoire de Masisi, province du Nord-Kivu, n'a pas laissé indifférentes trois organisations non gouvernementales, à savoir la Coordination territoriale de la société civile forces vives de Masisi, la Conscience féminine pour les droits et le développement (CFDD-RDC asbl) et Mwanamke Anaweza Asbl.
Dans une déclaration conjointement signée ce 31 janvier 2026, ces structures exigent "l’arrêt immédiat de l’exploitation illicite des minerais dans les zones congolaises sous occupation, et ce, jusqu’au rétablissement du cadre légal".
Ces ONG recommandent aussi : « Que tous les minerais présentés sur les marchés internationaux par le Rwanda, soient considérés au titre des “minerais du sang” et donc interdits, faute de quoi une complicité tacite serait observée ».
Dans leur déclaration conjointe, ces organisations exigent enfin « la réparation des victimes ».
Selon ces organisations, « cette catastrophe naturelle a fait état d’environ 400 personnes décédées et [de] plusieurs autres dégâts collatéraux environnementaux graves ».
Ces structures révèlent qu'il s’agit cependant d’un glissement de terrain (éboulement) à caractère d’érosion ayant enseveli plusieurs centaines de creuseurs artisanaux employés frauduleusement par le Rwanda aux fins du pillage systématique des minerais et autres ressources naturelles dans la région.
Elles poursuivent :
« Dans sa foulée, la catastrophe n’a pas épargné les commerçants qui, du reste, font quelques échanges commerciaux dans les sites miniers, et plusieurs usagers de divers tronçons au sein de ce même périmètre minier ont été également touchés. Si certains corps ont été retrouvés, il sied de préciser que plusieurs centaines d’autres sont jusqu’à présent introuvables, ensevelis ou emportés par les eaux des rivières (Mumba, Osso et Rushoga), car la catastrophe a par ailleurs chamboulé les rivières sus-évoquées, créant ainsi une inondation qui, à son tour, a perturbé la quiétude de plusieurs habitants de BIHAMBWE, cité voisine de Rubaya. Les femmes et les enfants font partie intégrante des victimes directes. Ce qui voudrait signifier qu’en dehors des pertes en vies humaines, d’autres graves dégâts collatéraux sur le plan environnemental ont phagocyté les populations locales ».
Par cette déclaration, ces ONG présentent leurs sincères condoléances à toutes les familles victimes et dénoncent en outre le pillage systématique des minerais et autres ressources naturelles dans la région par le Rwanda, en violation du code minier congolais et des normes internationales en la matière.
« Les pertes humaines et matérielles enregistrées doivent faire l’objet d’enquêtes sérieuses et documentées parmi les crimes internationaux commis en RDC par le Rwanda, au regard de l’exploitation illicite de divers carrés miniers dont le périmètre 4731 (Rubaya), sans aucune étude préalable d’impact social et environnemental tel qu’exigé par le code minier congolais », insistent ces organisations de la société civile.
La déclaration est signée, pour la Coordination territoriale de la société civile de Masisi, par M. Télesphore Mithondeke ; pour la CFDD-RDC Asbl, par Mme Nadia Nyamushiya ; et pour Mwanamke Anaweza ONG DH, par Dr Angélique Niyibizi Barame.
Il faut noter que cette déclaration de la société civile intervient après celle du gouvernement de la République démocratique du Congo qui, par la bouche de son porte-parole, a appelé « la communauté internationale à prendre pleinement la mesure de ce drame, conséquence directe d’une occupation armée et d’un système organisé de pillage et d’exploitation illégale des ressources naturelles de la République démocratique du Congo ».
Bienvenu Ipan