Nord-Kivu : entre 112 et 125 tonnes de coltan sont extraites chaque mois dans la mine de Rubaya et acheminées exclusivement vers le Rwanda

Coltan
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PAR Deskeco - 02 fév 2026 10:33, Dans Mines

Le gouvernement de la République démocratique du Congo alerte sur l'exploitation illicite et illégale de ses minerais par le Rwanda.

« En effet, entre 112 et 125 tonnes de coltan sont extraites chaque mois dans ces conditions dans le périmètre de Rubaya et acheminées exclusivement vers le Rwanda, en dehors de toute autorisation administrative et de toute traçabilité conforme. Cette exploitation alimente directement une économie de guerre », renseigne un communiqué publié le 31 janvier 2026 par le ministère de la Communication et des Médias.

« Cette réalité se reflète dans les anomalies statistiques constatées au niveau régional, notamment l’augmentation de plus de 200 % des exportations de coltan du Rwanda entre janvier et juin 2025, sans rapport avec ses réserves naturelles connues, révélant des mécanismes de blanchiment de minerais congolais issus de zones sous occupation armée », révèle la source.

Dans le même communiqué, le gouvernement constate aussi « la faillite manifeste des mécanismes internationaux et régionaux de traçabilité, notamment les dispositifs ITRI/ITA ainsi que les mécanismes de certification de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), qui n’ont pas permis d’empêcher l’écoulement et la certification frauduleuse de minerais provenant de sites classés au statut “rouge” ».

« Le gouvernement dénonce également l’imprudence des acheteurs finaux et des acteurs économiques internationaux qui continuent de s’approvisionner auprès du Rwanda en minerais issus de Rubaya, en dépit du classement officiel de ces sites et des alertes répétées des autorités congolaises, contribuant ainsi indirectement au financement des groupes armés et à l’exploitation violente des creuseurs artisanaux », peut-on lire.

Selon la source, « Ces actes sont prohibés notamment par l’article 47 du Règlement annexé à la Convention de La Haye de 1907 et l’article 33 de la Quatrième Convention de Genève de 1949, qui interdisent formellement le pillage. Ils constituent également des crimes de guerre au sens de l’article 8 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, relatif au pillage et aux atteintes graves portées aux civils en situation de conflit armé. Ils violent enfin les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment les résolutions 1952 (2010), 2293 (2016) et 2773 (2025), qui condamnent l’exploitation illégale des ressources naturelles et établissent son lien direct avec le financement des groupes armés opérant en République démocratique du Congo ».

Le gouvernement de la République démocratique du Congo promet de poursuivre la documentation de ces faits et de consolider les démarches appropriées devant les mécanismes juridictionnels compétents afin que les responsabilités soient pleinement établies. Il réaffirme sa détermination à rétablir l’autorité de l’État et à mettre fin à toute exploitation illégale des ressources naturelles.

Tout en réaffirmant son engagement en faveur d’une paix durable, notamment à travers les Accords de Washington et le processus de Doha, le gouvernement souligne, dans le même document, que cet engagement ne saurait en aucun cas justifier l’impunité ni occulter les crimes et violations graves commis sur le territoire national.

Bienvenu Ipan

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