Le Fonds monétaire international intensifie les échanges avec le gouvernement congolais à l’approche de la troisième revue du programme appuyé par les facilités élargies. Ce lundi 23 février 2026, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a reçu à Kinshasa Régis N’Sondé, Administrateur au Conseil d’administration de l’institution financière.
Cette visite est la deuxième en ce début de l'année 2026 et intervient après celle du vendredi 13 février dernier, où une délégation de l'institution de Bretton Woods, conduite par Amina Bambara Billa, conseillère résidente en gestion des finances publiques au FMI, a été reçue par le gouvernement.
Cette deuxième visite s’inscrit, selon le ministère de Finances, dans le cadre des consultations régulières entre la RDC et le FMI, alors que le pays prépare l’évaluation de son programme économique.
La cellule de la communication du ministère renseigne que les échanges ont principalement tourné autour de la mise en œuvre de la Facilité Élargie de Crédit, dont la troisième revue est annoncée après des évaluations jugées satisfaisantes, ainsi que sur la Facilité pour la Résilience et la Durabilité, mécanisme destiné à accompagner les politiques climatiques et à renforcer la résilience face aux chocs extérieurs.
« Cette mission s’inscrit dans une dynamique de consolidation des réformes structurelles engagées par le gouvernement. Les deux parties ont réaffirmé leur engagement commun à préserver la stabilité macroéconomique, à maintenir la discipline budgétaire et à consolider les acquis obtenus depuis le lancement du programme » a rapporté le service de communication du ministère.
Une mission technique du FMI est attendue prochainement à Kinshasa afin de poursuivre les travaux d’évaluation et d’accompagner les autorités congolaises dans les prochaines étapes. Cette visite intervient dans un contexte où les réformes en matière de finances publiques se sont accélérées, considérées comme pilier du programme soutenu par l’institution de Bretton Woods.
Quelques jours avant cette consultation, le gouvernement a annoncé la mise en œuvre effective de la réforme sur la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques, telle que recommandée par le FMI dans le cadre de son programme sur les facilités.
14 ans après l’adoption en juillet 2011 de la loi relative aux finances publiques, cette réforme entre désormais dans sa phase opérationnelle. Elle vise à rapprocher la décision de paiement des ministères sectoriels, à réduire les délais administratifs et à renforcer la transparence dans l’utilisation des fonds publics.
Jusqu’ici largement centralisée, la chaîne de la dépense publique évolue vers un système plus responsabilisant. Les ministères sectoriels pilotes - notamment l’Éducation nationale, le Développement rural, la Santé ainsi que les Infrastructures et Travaux publics - peuvent désormais ordonnancer directement leurs dépenses. L’objectif affiché est d’accélérer l’exécution budgétaire, d’améliorer la traçabilité des opérations financières et de renforcer la discipline budgétaire.
Plusieurs jalons techniques ont été franchis, dont l’opérationnalisation de la chaîne de la dépense dans les ministères pilotes, l’installation effective de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, l’ouverture de comptes auprès de la Banque centrale du Congo et la prestation de serment de dizaines de comptables publics.
Jean-Baptiste Leni