LE FIL ECO DE LA SEMAINE: Lundi 16 mars 2026, ce qu’il ne faut pas rater

Tribune
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PAR Deskeco - 16 mar 2026 21:21, Dans Analyses

Chaque lundi, DeskEco fait le point sur les sujets économiques qui vont compter dans la semaine en RDC. Voici l'édition du 16 mars.

Le Parlement reprend ses travaux

La session ordinaire de mars s'est ouverte ce matin au Palais du Peuple après trois mois d'interruption. Près de quatre-vingts initiatives législatives sont inscrites à l'ordre du jour, dont plusieurs textes à portée économique directe concernant la fiscalité, les mines, les investissements et les finances publiques. DeskEco suivra les textes économiques prioritaires au fil de la session.

La facture normalisée sous pression ?

Lancé officiellement le 1er décembre 2025, le dispositif de facturation électronique obligatoire entre dans sa phase de contrôle active cette semaine. La Direction générale des impôts intensifie les vérifications sur le terrain. La Fédération des Entreprises du Congo a signalé que 70 % des préoccupations techniques soulevées par les entreprises depuis le lancement restent sans réponse de l'administration. Cette semaine, DESKECO.COM se penche sur cette question.

Jeudi 19 mars: Conférence sur la gouvernance pétrolière à Kinshasa

Une conférence consacrée au Contrat de Partage de Production se tient jeudi matin à Kin Plaza. Organisée par 3M-Partners & Conseils en partenariat avec la FEC, la Commission nationale des hydrocarbures et la Revue des Hydrocarbures, elle réunira experts, décideurs publics et professionnels du secteur énergétique. Le CPP est le mécanisme juridique qui définit le partage de la rente pétrolière entre l'État congolais et les compagnies internationales. DeskEco sera présent et rendra compte des principales conclusions.

Samedi 22 mars: Air Congo lance ses premières liaisons régionales

Air Congo inaugurera samedi ses deux premières routes internationales régionales, vers Entebbe et Johannesburg. Les liaisons vers Douala et Cotonou suivront le 28 mars, puis Dar es Salaam le 4 avril. La compagnie, détenue à 51 % par l'État congolais et à 49 % par Ethiopian Airlines, opère jusqu'ici exclusivement sur le réseau domestique avec des taux de remplissage entre 80 % et 100 %.

L'analyse 

Air Congo : bien plus qu'un billet d'avion ?

Samedi 22 mars, Air Congo décolle vers Entebbe et Johannesburg. La nouvelle a été accueillie comme une bonne nouvelle pour le transport aérien congolais. Elle l'est. Mais s'arrêter là, c'est passer à côté de ce que cet événement signifie réellement pour l'économie de la RDC.

Pendant des années, les hommes d'affaires congolais qui voulaient rejoindre Douala, Cotonou ou Dar es Salaam depuis Kinshasa devaient transiter par Addis-Abeba, Lomé ou Abidjan. Des heures de vol supplémentaires, des nuits d'hôtel imposées, des coûts de transaction que leurs concurrents régionaux ne supportaient pas. Ce handicap n'était pas anecdotique. Il pesait sur la compétitivité des entreprises congolaises, sur les négociations commerciales, sur la mobilité des décideurs.

Air Congo entre sur ces routes dans des conditions favorables. Sur Entebbe, Uganda Airlines traverse une crise opérationnelle sérieuse avec deux appareils cloués au sol et un nouveau directeur général nommé en urgence. Sur Douala et Cotonou, il n'existe tout simplement pas de concurrent direct depuis Kinshasa. Ce sont des fenêtres de marché réelles, pas des projections optimistes.

La vraie question n'est pas de savoir si Air Congo peut remplir ses avions. Ses taux de remplissage domestiques répondent déjà à cette question. La vraie question est de savoir si cette expansion s'inscrit dans une stratégie de connectivité économique nationale cohérente et durable, ou si elle reste une initiative isolée dépendante des arbitrages d'Ethiopian Airlines, actionnaire à 49 %. Derrière le billet d'avion, c'est la souveraineté économique de la RDC sur ses propres corridors commerciaux qui est en jeu.

Le Fil de la Semaine paraît chaque lundi sur deskeco.com #LeFilDeskEco

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