Desktonight. Mardi 21 avril 2026 | Marchés attribués aux entreprises fantômes, accord stratégique RDC-USA à l’épreuve de la transparence, or illégal : la RDC face à ses défis de gouvernance

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PAR Deskeco - 21 avr 2026 22:45, Dans Analyses

Avez-vous raté une actualité économique de la RDC  ce jour ? En voici l’essentiel: 

Retenez qu’il y a eu ouverture d’un procès Frivao qui révèle des marchés publics attribués à des sociétés fantômes ; l’enquête de Reuters qui accuse Virtus d’avoir gonflé son expérience minière en RDC ; le ministre des Mines qui a lancé un coup de filet contre l’or illégal en Ituri ; la dette publique qui devrait coûter 835 millions USD en 2026 ; ainsi que les dépenses de l’Assemblée nationale qui ont atteint 251 millions USD en 2025 ;

Des marchés à plusieurs millions de dollars attribués à des sociétés fantômes

Ce fut presque un scandale à l’ouverture du procès ce mardi 21 avril 2026, dans une affaire de présumé détournement des deniers publics impliquant Chançard Bolukola, ancien directeur général du Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), basé à Kisangani. Ce dernier a accordé des marchés publics de plusieurs millions de dollars à deux sociétés dont le ministère public n’a pu établir ni l’existence légale, ni l’identité des responsables, ni l’adresse physique. Interrogé sur la localisation de l’une de ces entreprises, le DG du FRIVAO s’est borné à indiquer qu’elle se trouverait « non loin de ShowBuzz, à Socimat », une indication vague qui n’a pas permis aux enquêteurs de retrouver la trace de la structure. Quant aux dirigeants de ces sociétés, il a reconnu ne pas les connaître. Des contrats publics de cette envergure attribuée à des entités introuvables soulèvent de sérieuses questions sur le respect des procédures de passation des marchés et sur la destination réelle des fonds engagés.

L’affaire Virtus minerals éclabousse l’accord minier RDC-USA)

L’entreprise Virtus, qui a racheté les actifs miniers de Chemaf dans le cadre des accords de Washington entre la République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis d’Amérique, aurait menti sur son expérience minière en RDC. C’est ce que révèle une enquête de l’agence Reuters. En effet, Virtus « a indiqué sur son site web qu’elle avait fait ses preuves en RDC grâce à l’exploitation d’une usine de traitement de cuivre et de cobalt ». Pourtant, Virtus Minerals « n’a pas acheté l’usine de traitement de cuivre et de cobalt, inactive depuis longtemps, qu’elle cherchait à acquérir à Likasi, dans la province du Haut-Katanga, dans le Sud-Est », selon Reuters. Son « expérience » était donc fausse ou très exagérée, selon Reuters, qui évoque « des documents de l’entreprise, des dossiers judiciaires liés à la vente contestée de l’usine et cinq sources ayant une connaissance directe du dossier » pour appuyer ses arguments.

Coup de filet contre l’orpaillage illégal en Ituri

En mission officielle dans l’Est du pays, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a ordonné un véritable coup de filet contre l’exploitation illégale de l’or dans la chefferie de Djalasiga, territoire de Mahagi, en province de l’Ituri. Depuis ce lundi 20 avril 2026, le ministre des Mines a entamé une vaste mission d’itinérance dans les provinces du Bas-Uélé, de l’Ituri et du Maniema afin d’évaluer en profondeur la performance du secteur minier national. L’objectif est de remettre de l’ordre dans un secteur stratégique longtemps fragilisé par la fraude, l’exploitation clandestine et la faible redistribution des richesses au bénéfice des populations locales. L’encadrement de l’exploitation artisanale, la relance de la SOKIMO, le respect des textes réglementaires, la gouvernance environnementale ainsi que les retombées communautaires figurent parmi les priorités de cette tournée de terrain.

Partenariat RDC-TradeMark Africa : cap sur le commerce extérieur

La RDC franchit une nouvelle étape dans le renforcement de sa coopération économique avec l’organisation TradeMark Africa. Ce lundi à Kinshasa, les autorités congolaises se sont entretenues avec son PDG, David Beer, afin de consolider un partenariat jugé essentiel pour la transformation du commerce extérieur du pays. Cette rencontre intervient dans le prolongement des échanges tenus le 27 mars 2026 à Yaoundé, en marge de la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Au cœur des discussions, plusieurs axes prioritaires ont été abordés pour soutenir la croissance économique nationale. Sur le plan stratégique, les parties ont insisté sur la relance des engagements avec les principales parties prenantes, notamment l’administration douanière et les acteurs clés du secteur commercial.

Le poids de la dette publique alourdit le budget 2026

Cette année 2026, la dette va coûter quasiment le double au Trésor public par rapport à l’année 2025, où la RDC a payé 674 millions USD au total pour rembourser le capital et payer les intérêts de la dette, rapportent nos confrères de Finances & Entreprises. Pour cet exercice budgétaire 2026, le pays devra rembourser 2 060 044 877 590 CDF (835 millions USD au taux budgétaire moyen de 2 467 FC le dollar américain) pour sa dette publique et payer des frais financiers de l’ordre de 907 805 020 891 CDF (367 millions USD).

Les dépenses de l’Assemblée nationale en hausse sur cinq ans

Les dépenses de l’Assemblée nationale, exécutées et payées par le Trésor public au cours de l’exercice 2025, se sont élevées à 716 459 163 076 CDF (251 millions USD au taux budgétaire de 2 850 FC le dollar américain) contre des prévisions budgétaires arrêtées à 778 478 015 559 CDF (273 millions USD), soit un taux d’exécution de 91 %, renseignent les états de suivi budgétaire de la Direction générale des politiques et de la programmation budgétaires du ministère du Budget, scrutés par nos confrères de Finances & Entreprises. Il y a juste cinq ans de cela, soit en 2020, toutes les dépenses consommées par la Chambre basse du Parlement congolais coûtaient 114,1 millions USD au Trésor public.

Notre Deskeco Story de la semaine : L’or artisanal, nouvel instrument de souveraineté monétaire ?

Le 9 avril 2026, la Banque centrale du Congo (BCC) a annoncé avoir commencé l’accumulation de l’or artisanal comme or monétaire, suivant un accord avec la DRC Gold Trading, entreprise congolaise chargée de l’achat, de la canalisation et de la transformation de l’or artisanal. Pour la RDC, ce qui compte est non seulement « d’avoir de l’or », mais aussi de savoir comment il fonctionne dans l’architecture monétaire. La question importante est de savoir ce que le pas va réellement rapporter. Le dispositif repose sur cette logique : la DRC Gold Trading SA est l’acteur principal en contact avec les artisans miniers, tandis que la BCC veille aux critères de traçabilité et de conformité, conformément aux exigences internationales. Finalement, l’or monétaire peut être une opportunité, mais il faut absolument comprendre la nature de ce que l’on fait. La RDC a donc une fenêtre d’action : faire de l’or un instrument de souveraineté.

Le chiffre de la soirée

835 millions USD, c’est le montant que le Trésor public doit rembourser pour la seule dette publique en 2026, presque le double de 2025.

A surveiller demain

  • La réaction officielle de Virtus Minerals, du ministère congolais des Mines ou de Gécamines sur l’enquête de Reuters
  • Les éventuelles conséquences sur l’accord stratégique RDC-USA
  • Une déclaration de l’ambassade des États-Unis à Kinshasa

Le mot de la rédaction

Deux affaires retiennent notre attention, à savoir au FRIVAO, des marchés publics attribués à des sociétés introuvables, et chez Virtus, une expérience minière exagérée pour décrocher un contrat stratégique. Quid de la transparence dans la gestion des fonds, des marchés et des contrats de partenariats publics ?

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