Le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi, a recommandé, vendredi lors du quatre-vingt-troisième Conseil des ministres, un plan de relance actualisé et réaliste de la compagnie aérienne nationale Congo Airways. Ce plan devra être rigoureusement encadré sur le plan financier, assorti de mécanismes clairs de contrôle interne de conformité réglementaire, d’audit approfondi de la gestion des ressources humaines et de reporting institutionnel régulier à l’État actionnaire.
Au cours de ce Conseil, le chef de l’État a été saisi du rapport de la mission d’enquête mixte composée de l’Inspection générale des finances (IGF), du Conseil supérieur du portefeuille (CSP) et de l’Autorité de l’aviation civile (AAC) qui a été diligentée auprès de Congo Airways en décembre 2025, aux fins d’examiner les faits dénoncés par le collectif de ses agents et d’évaluer la régularité, la conformité ainsi que la performance et sa gestion administrative, financière et opérationnelle.
Il en ressort que, malgré les efforts engagés dans le cadre du plan d’urgence de relance de cette entreprise dont il avait instruit le financement lors de la réunion du Conseil des ministres du 15 septembre 2023, et qui était évoquée à la troisième réunion du 28 juin 2024, Congo Airways demeure confronté à de graves dysfonctionnements compromettant toute relance efficace et durable. Cette détérioration de la situation fait peser sur l’État actionnaire des risques juridiques, financiers et réputationnels élevés. Elle est d’autant plus préoccupante par l’absence d’une planification rigoureuse et d’un renforcement substantiel de la gouvernance. Elle pourrait compromettre le processus de renouvellement de la flotte aérienne récemment acquise par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) au sujet de laquelle toute la lumière devra être faite sur les modalités d’acquisition, de financements et de capitalisation au sein de Congo Airways.
« Tirant les conséquences de ces conclusions, le président de la République a engagé le vice-Premier ministre, ministre des Transports et Voies de communication, le ministre des Finances ainsi que la ministre du Portefeuille, sous la supervision de la Première ministre, avec le concours des autres ministères et organismes publics concernés, à produire un plan de relance actualisé, réaliste et rigoureusement encadré sur le plan financier, assorti de mécanismes clairs de contrôle interne de conformité réglementaire, d’audit approfondi de la gestion des ressources humaines et de reporting institutionnel régulier à l’État actionnaire », selon le compte rendu fait par le ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement.
Ces instruments, précise la source, devront constituer le socle d’une restructuration profonde et cohérente de la gouvernance managériale de cette entreprise, en vue de restaurer la discipline de gestion, de renforcer la redevabilité des dirigeants, d’améliorer la transparence dans la prise des décisions, et d’aligner les pratiques internes sur les standards de bonne gouvernance. Ils devront, en outre, permettre de définir un modèle de gestion optimale fondé sur les principes de performance et d’efficacité opérationnelle garantissant la viabilité durable de l’entreprise, sa compétitivité sur les marchés du transport aérien ainsi que la préservation des intérêts stratégiques de l’État actionnaire.
« Il est également attendu que l’État congolais s’acquitte de ses obligations financières envers cette entreprise en procédant au paiement des droits dus afin de lui permettre de mobiliser les ressources nécessaires à sa relance », a-t-on lu dans le compte rendu.
Bienvenu Ipan