Bons et obligations du Trésor : la RDC a mobilisé 280,3 millions USD au premier trimestre 2026

Dollars américains
Dollars américains
PAR Deskeco - 23 avr 2026 16:38, Dans Finances

Au premier trimestre 2026, les émissions de bons et obligations du Trésor en RDC ont connu une évolution régulière sur le marché intérieur des titres publics, selon les données de la Banque centrale du Congo (BCC).

Les opérations ont concerné à la fois les titres en francs congolais et ceux libellés en devises, à travers des adjudications organisées en janvier, février et mars.

En janvier, les émissions se sont établies à 87,3 millions USD et 304,0 milliards de CDF. En février, elles ont atteint 93,0 millions USD et 29,4 milliards CDF, avant de progresser en mars à 100,0 millions USD et 143,3 milliards CDF. Ces données traduisent une activité continue du Trésor sur le marché intérieur.

Selon les calculs faits par Deskeco à partir des chiffres mensuels publiés par l'institution monétaire, le montant en devises s’avère plus élevé que le cumul initialement avancé sous forme « nette ».

En additionnant simplement les émissions mensuelles en USD, le total brut du premier trimestre 2026 s’élève à 280,3 millions de dollars américains, et non à 215,3 millions de dollars comme parfois évoqué.

Cette différence s’explique par le fait que le chiffre de 215,3 millions correspondrait à une approche nette intégrant des remboursements ou opérations de rachat de titres, non détaillées dans les données disponibles.

En monnaie locale, le cumul brut des émissions s’établit à 476,7 milliards CDF sur la même période. Cette rectification permet de distinguer clairement les montants bruts issus des adjudications trimestrielles des calculs nets qui relèvent d’une méthodologie plus large de gestion de la dette.

Quels risques pour les finances publiques ?

Les émissions de bons et obligations du Trésor, bien qu’elles permettent à l’État de couvrir ses besoins de financement à court terme, comportent plusieurs risques lorsqu’elles prennent de l’ampleur ou reposent fortement sur les devises.

Le premier risque est celui du coût de la dette, car des taux d’intérêt élevés, notamment sur les obligations en dollars, peuvent alourdir les charges futures de remboursement et exercer une pression sur le budget de l’État. Fin 2025, la dette intérieure de la RDC s'est élevée à 16 milliards USD, selon l'actuel ministre du Budget Adolphe Muzito.

Le deuxième est lié au refinancement, puisque le recours régulier au marché impose à l’État de renouveler en permanence ses titres arrivant à échéance, ce qui peut devenir contraignant en cas de baisse de la demande des investisseurs. S’ajoute également un risque de change, particulièrement pour les titres en devises, car toute dépréciation du franc congolais augmente le coût réel du service de la dette en monnaie locale.

Enfin, une dépendance excessive aux émissions domestiques peut réduire la marge de manœuvre budgétaire et limiter les ressources disponibles pour les dépenses prioritaires, surtout si les recettes fiscales ne suivent pas le même rythme que les besoins de financement.

Jean-Baptiste Leni

 

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