RDC : la hausse du carburant menace davantage le pouvoir d’achat des ménages (rapport)

PAR Deskeco - 29 mai 2026 11:33, Dans Actualités

 

Alors que l’inflation affiche un ralentissement depuis plusieurs mois en République démocratique du Congo, une nouvelle source d’inquiétude prend de l’ampleur : la progression récente des prix du carburant, susceptible de fragiliser encore davantage le quotidien des ménages.

Une note de conjoncture sur les conséquences de la crise au Moyen-Orient sur la sécurité alimentaire en RDC indique que les tensions actuelles sur les marchés internationaux pourraient entraîner des répercussions sur l’économie nationale. Parmi les premières conséquences observées figurent des augmentations importantes des prix des produits pétroliers.

L’alerte avait déjà été faite par le gouverneur de la Banque centrale du Congo. Au cours d’une réunion du Comité de politique monétaire au début du mois de mai dernier, André Wameso avait fait savoir qu’une amélioration de la situation internationale, surtout de Moyen-Orient, entraînerait une baisse des prix du pétrole.

« Si la situation s’améliore, cela aura une conséquence directe sur le prix du pétrole. Les prix vont baisser, et nous aurons un réajustement à la pompe chez nous, avec une décélération de l’inflation. Si la crise se maintient au niveau actuel, nous continuerons à avoir un prix du pétrole autour de 100 dollars. C’est le scénario de base. Nous aurons des contraintes, mais ce sera dans la continuité de ce que nous observons aujourd’hui », avait-t-il indiqué.

Avant d’ajouter, 

« Si la situation s’aggrave, le prix du pétrole peut grimper et dépasser 150 dollars »

Au cours du mois de mars, les prix ont progressé de 10,1 % pour l’essence, de 7,9 % pour le diesel et de 11,4 % pour l’huile raffinée par rapport au mois précédent, selon les données de la  Banque centrale du Congo.  

Cette évolution ne touche pas seulement le secteur énergétique. Dans une économie où une grande partie des marchandises circule par voie routière, une hausse du carburant peut rapidement se répercuter sur le transport des biens, les coûts logistiques et les prix des produits vendus sur les marchés.

Pour les ménages disposant de revenus limités, les conséquences pourraient être immédiates. Le coût du déplacement augmente, les dépenses liées à l’alimentation deviennent plus lourdes et une part plus importante du budget familial est absorbée par les besoins essentiels.

Cette situation intervient alors que le pays reste fortement dépendant des importations alimentaires. Les céréales, les poissons congelés, les viandes et plusieurs produits de consommation courante proviennent en grande quantité des marchés internationaux. Toute perturbation mondiale sur les chaînes d’approvisionnement peut ainsi se transmettre rapidement aux marchés locaux.

Les données économiques montrent pourtant une amélioration relative sur le plan de l’inflation. Après avoir atteint environ 17,9 % en 2024, l’inflation annuelle moyenne est passée à 7,5 % en 2025 avant de se situer autour de 2,2 % durant les trois premiers mois de 2026.

Mais derrière cette tendance encourageante, les analystes attirent l’attention sur des pressions qui continuent de peser sur les dépenses quotidiennes des ménages. Une baisse de l’inflation ne signifie pas nécessairement une diminution des prix, mais plutôt un ralentissement de leur rythme de progression.

Dans les provinces touchées par l’insécurité, cette pression économique pourrait être encore plus difficile à supporter. Déplacements de populations, perturbations des activités économiques et accès limité à certaines zones continuent de réduire les moyens de subsistance de nombreuses familles.

Jean-Baptiste Leni

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