Kinshasa : la création d’une Task Force ne suffira pas pour assainir la ville sans une stratégie globale, estime Olivier Ndoole Bahemuke

Olivier Ndoole Bahemuke
Olivier Ndoole Bahemuke,
PAR Deskeco - 02 juin 2026 15:44, Dans Développement durable

Lors du Conseil des ministres du 29 mai, le président de la République, Félix Tshisekedi, a annoncé la mise en place d’une Task Force pluridisciplinaire dédiée à la salubrité et à l’assainissement de la ville de Kinshasa. Cette structure sera placée sous le commandement direct du Lieutenant-Général Kasongo Kabwik Jean-Pierre en vue d’apporter une réponse jugée adaptée aux défis du terrain.

Réagissant à cette décision, l’avocat et cofondateur de l’ONG Alerte Congolaise pour l'Environnement et les Droits de l'Homme (ACEDH), Olivier Ndoole Bahemuke, estime que la création d’une nouvelle structure ne constitue pas, à elle seule, une solution durable au problème de l’insalubrité dans la capitale congolaise.

« Chasser les vendeurs ou les occupants des espaces publics ne ramènera pas à lui seul la propreté de la ville », estime-t-il dans une interview accordée à Deskeco. 

Selon lui, la question fondamentale demeure celle de l’efficacité des institutions déjà existantes. 

« Il existe des structures provinciales chargées de cette mission. Si le gouverneur et les services compétents ne parviennent pas à relever ce défi, faut-il pour autant créer un dédoublement institutionnel pour espérer une réponse différente ? », s’interroge-t-il.

Pour cet expert des questions environnementales, l’assainissement de Kinshasa exige avant tout une politique publique réfléchie et structurée, fondée sur l’identification des causes profondes de l’insalubrité. Il plaide pour une approche participative intégrant la dimension sociale, la participation citoyenne ainsi que l’implication des collectivités locales.

Olivier Ndoole Bahemuke recommande également le développement de mécanismes décentralisés de gestion et de transformation des déchets, la création d’infrastructures adaptées et la promotion d’emplois liés à l’assainissement. Selon lui, la population ne doit pas être perçue comme une source du problème, mais comme un acteur essentiel de la solution.

L’avocat propose également l’instauration de mécanismes d’incitation à l’endroit des autorités locales.

 « Pourquoi ne pas mettre en place une politique axée sur les résultats, où les bourgmestres les plus performants en matière d’assainissement bénéficieraient d’allocations supplémentaires ou de primes ? », avance-t-il.

Pour l’avocat, seule une stratégie globale, associant gouvernance locale, participation citoyenne et valorisation des ressources humaines, permettra d’améliorer durablement le cadre de vie des habitants de Kinshasa.

À savoir, cette Task Force aura notamment pour missions d’élaborer et de coordonner un plan spécial et permanent de salubrité et d’assainissement de la ville de Kinshasa ; d’assurer l’identification, le traitement et le suivi des points critiques d’insalubrité ; de proposer et d’appliquer des mesures contraignantes de discipline urbaine et de civisme environnemental ; de coordonner les opérations de terrain avec les services compétents ; de veiller à la sensibilisation des populations ainsi qu’à l’application stricte des mesures arrêtées.

Divine Mbala

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