La gestion du Fonds Minier pour les Générations Futures (FOMIN) est de nouveau au cœur des préoccupations de la société civile congolaise. Dans une lettre ouverte adressée au ministre des Mines ce lundi 8 juin, l'organisation La Sentinelle des Ressources Naturelles appelle à la conduite urgente d'un audit indépendant sur l'allocation des revenus du FOMIN afin de faire la lumière sur la gestion des fonds perçus et de renforcer la confiance des citoyens.
Une occasion de clarifier la gestion passée
Pour cette organisation spécialisée dans la gouvernance des ressources naturelles, la récente nomination de nouveaux mandataires à la tête du fonds offre l'opportunité d'examiner les accusations visant l'équipe précédente. Elle estime que l'absence de réaction du gouvernement face aux demandes répétées d'audit pourrait être perçue comme du laxisme face à des indices de mauvaise gestion.
Un déficit de transparence dénoncé
Créé pour préserver une partie des revenus miniers au bénéfice des générations futures, le FOMIN est critiqué pour son manque de transparence. Huit ans après sa création, La Sentinelle affirme que les citoyens ne disposent toujours pas d'informations claires sur les revenus collectés, les dépenses engagées, les investissements réalisés ou les rendements obtenus.
Selon l'organisation, plusieurs rapports de la société civile ont déjà mis en évidence des dépenses de fonctionnement excessives et des allocations peu conformes à la mission du fonds, révélant un écart préoccupant entre ses objectifs et l'utilisation effective des ressources.
Des investissements controversés
La Sentinelle accuse également les anciens gestionnaires d'avoir entretenu une gestion opaque du fonds, privant ainsi les citoyens de leur droit à l'information sur l'utilisation des revenus miniers destinés aux générations futures. Elle rappelle que le décret organique de 2023 impose notamment la publication des projets financés, des participations, des rendements, des états financiers et des rapports d'audit indépendant. Pourtant, aucune de ces informations ne serait accessible au public.
L'organisation cite plusieurs investissements attribués au fonds : 100 millions de dollars pour le barrage hydroélectrique de Katende, 100 millions de dollars placés en obligations de la Banque centrale du Congo, 17 millions de dollars pour la rénovation du laboratoire du CEEC et 50 millions de dollars injectés dans le capital de DRC Gold Trading SA.
Des manquements aux règles de gouvernance
Selon La Sentinelle, la majorité de ces allocations auraient été effectuées sans études préalables ni règles d'investissement clairement définies. L'organisation dénonce également l'absence d'un plan d'investissement et d'un manuel de procédures administratives, financières et comptables, pourtant exigés depuis février 2023.
Appel à un audit indépendant
La Sentinelle exhorte le ministre des Mines à diligenter sans délai un audit indépendant afin de restaurer la confiance du public et de garantir que le FOMIN remplisse effectivement sa mission au profit des générations futures.
Cette interpellation intervient après la nomination, par ordonnance présidentielle du 3 juin signée par le président Félix Tshisekedi, de nouveaux dirigeants à la tête du FOMIN. La nouvelle équipe est composée de Katema Kala, président du Conseil d'administration, Godard Motemona, directeur général, et Eugène Bunga, directeur général adjoint.
César Olombo