Manono Lithium : « Nous avons également besoin des ingénieurs et d’une main-d’œuvre qualifiée, car nous sommes une entreprise minière », affirme le chargé de communication de la société

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PAR Deskeco - 22 juil 2026 18:24, Dans Mines

 

La société Manono Lithium entend donner la priorité aux jeunes locaux dans sa politique de recrutement, tout en reconnaissant les besoins en compétences techniques imposés par l'exploitation minière. Célestin Muganza, chargé de communication de l'entreprise, explique que le développement du projet dans la province du Tanganyika nécessite à la fois une main-d'œuvre issue de la région et des profils spécialisés, notamment dans les domaines de l'ingénierie et des métiers techniques.

« La priorité pour Manono Lithium, c'est de donner de l'emploi aux jeunes locaux. C'est la priorité des priorités. Même dans la procédure de recrutement, nous accordons la priorité aux jeunes locaux. Manono Lithium doit d'abord profiter aux jeunes locaux. Mais il faut reconnaître que nous sommes une entreprise minière et que cette activité nécessite une certaine technicité. Nous avons donc besoin d'ingénieurs et d'une main-d'œuvre qualifiée. À un certain moment, pour pallier ce problème, nous pouvons recourir à d'autres expertises », a déclaré Célestin Muganza.

Selon lui, l'entreprise travaille déjà avec plusieurs établissements d'enseignement supérieur dans la région afin de rapprocher la formation universitaire des besoins du secteur minier. Des recrutements ont notamment été effectués auprès de jeunes de Kalemie et de l'Université de Lubumbashi.

« Nous sommes ici dans la province du Tanganyika et nous travaillons en collaboration avec les universités. À l'Université de Kalemie, par exemple, nous sommes venus recruter. Il y a des jeunes de Kalemie qui travaillent aujourd'hui à Manono. Nous sommes également allés à l'Université de Lubumbashi pour recruter certains ingénieurs. Mais pour apporter une réponse durable à cette difficulté, au lieu de dépendre toujours de l'extérieur, nous avons initié un partenariat avec l'Université de Manono. Grâce à ce partenariat, nous accompagnons plus de 220 jeunes », a-t-il expliqué.

Pour Manono Lithium, le développement des compétences locales constitue ainsi l'une des réponses au besoin de main-d'œuvre qualifiée. L'objectif affiché est de permettre progressivement aux jeunes de la région d'occuper davantage de postes nécessitant une expertise technique, au fur et à mesure de leur formation.

Cette orientation intervient alors que le projet de Manono-Kitotolo est appelé à jouer un rôle important dans le développement de la filière lithium en RDC. Selon des informations rapportées par DeskEco, le projet exploité par Manono Lithium SAS est issu d'un partenariat impliquant notamment la société publique Cominière et des intérêts privés. Le projet représente un investissement estimé à environ 2 milliards de dollars et comptait déjà plus de 1 200 travailleurs congolais en mai 2026, selon les responsables de l'entreprise.

Le lithium de Manono suscite également un intérêt croissant en raison de son potentiel et de la demande mondiale liée notamment aux batteries rechargeables et au stockage de l'énergie. DeskEco rapporte, sur la base d'une étude de faisabilité menée par Rio Tinto, des réserves estimées à près de 45 millions de tonnes et une capacité de production annuelle pouvant atteindre 700 000 tonnes.

Un projet minier sous surveillance et porteur d'attentes locales

Le développement du projet intervient toutefois dans un contexte où plusieurs questions sont soulevées autour de la gouvernance du lithium congolais. Resource Matters a notamment appelé à davantage de transparence dans la gestion des droits miniers et des partenariats liés à Manono, tandis que des interrogations persistent autour de certains contentieux et de la répartition des retombées économiques au profit des communautés locales.

Sur le plan de l'emploi, la question de la formation et de l'intégration des jeunes de Manono et du Tanganyika demeure donc un enjeu important. Pour Célestin Muganza, le recours ponctuel à des compétences extérieures ne doit pas empêcher la montée en puissance des talents locaux.

Le 13 février 2026, Manono Lithium SAS avait organisé à Manono sa conférence annuelle, réunissant les responsables de l'entreprise, les autorités administratives et coutumières ainsi que des représentants de différents départements. La rencontre avait permis de présenter le bilan des activités de 2025 et les perspectives pour 2026. Des médailles et certificats de mérite avaient également été remis aux agents et départements distingués pour leurs performances au cours de l'année précédente.

Jean-Baptiste Leni

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