Pour renforcer la « transparence et la responsabilité » dans la filière du lithium en République démocratique du Congo, un minerai stratégique indispensable pour la transition énergétique à travers le monde, l’ONG Resource Matters appelle le gouvernement congolais à mettre l’accent sur les exigences d'études de faisabilité pour les entreprises minières avant tout octroi de permis d’exploitation de ce minerai. C’est ce qui ressort du livre blanc de cet organisme publié en décembre 2025 et exploité par Deskeco.com.
« Ces études devraient être rendues publiquement accessibles après la période de confidentialité de 10 ans prévue par la loi », estime Resource Matters, et doivent inclure les éléments ci-après :
• Les installations de transformation : capacité prévue, objectifs de production, technologie utilisée et calendrier de mise en service ;
• Les stratégies énergétiques : priorité aux sources renouvelables ou à faible émission de carbone ;
• Les modèles financiers : lien entre volumes de production, revenus domestiques retenus et retombées pour le développement local ;
• Le renforcement du processus d’évaluation, notamment par la mise en place de comités indépendants composés d’experts techniques, de chercheurs et de représentants de la société civile, permettrait une évaluation plus objective des engagements pris par les opérateurs.
Dans ce document, Resource Matters regrette que, dans le cadre notamment des projets comme celui de Manono, l’un des plus grands gisements de lithium au monde et situé en RDC, les permis d’exploitation soient souvent accordés sans évaluation rigoureuse de la faisabilité technique, environnementale et financière.
« Dans certains cas par exemple, des sociétés telles que Tantalex auraient obtenu des permis sans avoir complété d'étude d’impact environnemental et social, de réserve certifiée ni d'étude de faisabilité bancable (BFS) », écrit Resource Matters.
Qui ajoute :
« De plus, peu d’informations publiques existent sur la réalisation effective des études de faisabilité exigées par la loi et leur soumission au Cadastre Minier (CAMI). »
Une plus grande rigueur dans l’octroi des permis d’exploitation est un levier important vers la création de valeur ajoutée pour le lithium congolais avant son exportation.