RDC : quatre points essentiels à retenir de la visite du Conseil d’administration du FMI

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PAR Deskeco - 03 mar 2026 20:30, Dans Finances

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a clôturé, la semaine dernière, à Kinshasa, sa visite auprès du gouvernement congolais. Il s’agit essentiellement d’une visite de consultation auprès de quelques ministères clés concernés par le programme triennal de l’institution financière internationale. 

Du ministère des Finances à celui de l’Economie nationale pour chuter à la primature, où la délégation a été reçue par la cheffe du gouvernement, Judith Suminwa. La délégation a également rencontré la troïka politique lors de cette visite. 

Ces premières consultations de l’année 2026 s’inscrivent principalement dans le cadre des préparatifs de la troisième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC). Quatre points essentiels à retenir de cette visite :   

Suivi du programme triennal

Les échanges ont été  principalement axés sur la troisième revue du programme triennal de l’institution de Bretton Woods, pour laquelle les préparatifs ont déjà commencé. À ce jour, deux revues sont conclues dans le cadre de ce programme signé en janvier 2025. La première, conclue le 2 juillet 2025, a permis un décaissement d’environ 261.9 millions USD au gouvernement congolais, en vue de satisfaire les besoins de balance de paiements.

La deuxième revue est intervenue le 19 décembre dernier, permettant le décaissement de 442 millions USD, incluant pour la première fois la première revue sur la facilité pour la résilience et durabilité.  

Réformes fiscales et budgétaires

Le deuxième point discuté lors de cette visite a porté sur la poursuite des réformes fiscales et budgétaires. Le FMI note plusieurs avancées dans ce sens, tel que mentionné dans son rapport sur la deuxième revue : la mise en place d’un compte unique du trésor, la digitalisation du système fiscal avec l’entrée de facture normalisée en vue de renforcer la transparence dans la mobilisation de recettes, la mise en œuvre graduelle de la déconcentration des ordonnancements avec l’opérationnalisation de la direction générale de trésor et de la comptabilité publique.

Ces avancées opérées sous le ministère des Finances renforcent à ce jour la crédibilité de la RDC devant les partenaires techniques et financières, dont le Fonds monétaire international, dans le cadre de l’assainissement de finances publiques. 

« Les échanges ont porté sur l’état d’avancement des reformes et des repères structurels, ainsi que sur la collecte et la consolidation des informations nécessaires à l’évaluation du programme. Le FMI a félicité le gouvernement pour la mise en œuvre effective de la reforme relative à la déconcentration de l’ordonnancement marquant une avancée significative dans la modernisation de gestion publique », a fait savoir le ministère des Finances. 

Masse salariale publique

Le troisième point a porté sur la maîtrise de la masse salariale publique. Bien qu’évoquée dans son rapport de la deuxième revue sur les Facilités, la délégation du Conseil d’administration du FMI est revenue sur cette question, lors de son échange avec la première ministre Judith Suminwa. Dans son rapport, pour rappel, le FMI pointe la masse salariale en RDC comme un risque budgétaire majeur. 

Ce point constitue désormais l’une des recommandations phares de l’institution en vue d’aider le gouvernement à maintenir l’équilibre budgétaire.

Stabilité macroéconomique

Le dernier point de leurs échanges a porté sur la stabilité macroéconomique. L’institution a salué le maintien du cadrage, tout en appelant à une politique visant à contenir les effets de la masse salariale. À ce jour, le FMI estime l’activité économique du pays résiliente, avec un PIB réel qui devrait dépasser 5% en 2025 et 2026, avec une inflation passant de 11,7% à fin 2024 à 2,2% en novembre 2025.

Le gouvernement a, par ailleurs, remercié le Fonds monétaire international pour son accompagnement constant dans la mise en œuvre des reformes économiques engagées, surtout pour son appui financier pour la stabilité macroéconomique. En décembre dernier, alors que le gouvernement congolais s’est trouvé en difficulté de la prise en charge de paie des agents et fonctionnaires, le FMI a dû valider la deuxième revue pour venir en appui. 

Jean-Baptiste Leni

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