RDC: le gouvernement mise sur une approche axée sur les mécanismes du marché face à la chute du cacao

Le cacao
Le cacao
PAR Deskeco - 09 avr 2026 11:34, Dans Actualités

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a éclairé la lanterne des députés nationaux, le mercredi 8 avril 2026,  sur la déconnexion entre les cours mondiaux du cacao et la protection des producteurs congolais. Alors que le prix du cacao s’établit à 3,09 dollars le kilogramme, contre plus de 5,85 dollars en décembre 2025 et près de 11 dollars en décembre 2024, la baisse apparaît particulièrement marquée en République démocratique du Congo.

Répondant à cette question d’actualité du député Élie Kambale Musavuli Vughumawa, le ministre a d’abord évoqué des facteurs exogènes, notamment l’excédent de l’offre mondiale sur la campagne 2025-2026, la reconfiguration de la demande européenne dans un contexte de crise énergétique, ainsi que les limites du duopole ouest-africain, marqué par l’absence de stratégie commune de régulation entre la Côte d’Ivoire et le Ghana face aux pressions spéculatives à la baisse. À ces éléments s’ajoutent, selon lui, des causes internes structurelles.

Julien Paluku Kahongya a pointé la fragmentation de l’offre nationale, caractérisée par un faible réseautage des coopératives, laissant les producteurs isolés et sans véritable pouvoir de négociation face aux acheteurs. Il a également relevé le déficit de qualité et de transformation, le cacao congolais étant souvent vendu à l’état brut, sans fermentation adéquate et parfois entaché d’impuretés, ce qui entraîne des décotes imposées par les acheteurs. Enfin, le ministre a insisté sur les difficultés logistiques, liées à l’insuffisance d’infrastructures de transport et de stockage, contraignant les producteurs à vendre rapidement leur récolte à des prix désavantageux pour éviter les pertes.

Trois axes stratégiques mis en avant

Pour faire face à cette situation, le gouvernement mise sur une approche axée sur les mécanismes du marché plutôt que sur une fixation administrative des prix. Trois axes stratégiques ont été mis en avant : la diversification des débouchés vers des marchés tels que la Chine, le Royaume-Uni, les Émirats arabes unis et les États-Unis, notamment grâce à la reconduction de l’AGOA ; l’amélioration de la qualité à travers la formation des producteurs et des exportateurs aux normes sanitaires et phytosanitaires ; ainsi que le renforcement des capacités productives, avec un accent particulier sur la transformation locale et la structuration des producteurs.

S’agissant de la labellisation et des primes de qualité, le ministre a souligné le rôle de l’Agence nationale pour la promotion des exportations (ANAPEX) et l’intégration de la RDC à l’Organisation internationale du cacao (ICCO). Il a également insisté sur l’orientation vers des segments à forte valeur ajoutée, notamment le cacao aromatisé, dont la tonne peut atteindre 10 000 dollars américains, contre environ 3 000 dollars pour le cacao ordinaire.

Par ailleurs, le gouvernement prévoit une mission de sensibilisation d’envergure dans les zones de production, notamment à Beni, en Ituri et dans le Grand Équateur, afin d’accompagner les producteurs dans cette dynamique de transformation et de montée en qualité.

Divine Mbala

Articles similaires