La diversification des marchés d’exportation du cacao constitue une piste susceptible d’atténuer les effets des fluctuations mondiales des prix de cette matière. C’est ce qu’a dit Benjamin Kakuke Munzenda, le président national de l’Association des exportateurs de cacao-café de la RDC (ASSECCAF), dans une interview à Deskeco.
« En accédant à plusieurs marchés internationaux, les producteurs peuvent mieux résister aux fluctuations des prix et trouver des opportunités plus avantageuses », affirme-t-il, tout en soulignant que cette stratégie nécessite une meilleure organisation du secteur, des partenariats solides et le respect des normes internationales de qualité.
Il évoque aussi des contraintes logistiques persistantes dans l’évacuation du cacao, notamment liées à l’impraticabilité des routes, aux coûts élevés du transport, aux tracasseries administratives ainsi qu’à l’insuffisance des infrastructures de stockage.
À ces difficultés s’ajoutent les retards dans les opérations d’exportation et l’insécurité dans certaines zones de production, compliquant l’acheminement du cacao vers les centres de commercialisation et les ports.
Benjamin Kakuke Munzenda estime aussi que la chute des prix du cacao affecte directement les revenus des producteurs.
« Le cacao est souvent notre principale source de revenu. Cela peut limiter notre capacité à entretenir les plantations, payer la main-d’œuvre ou investir dans de nouvelles techniques de production », explique-t-il.
Benjamin Kakuke Munzenda appelle par-dessus tout à la transformation locale de ce produit, encore limitée à l’heure actuelle.
Cette transformation locale reste limitée en raison du manque d’investissements industriels, du coût élevé de l’électricité et des difficultés d’accès au financement, ainsi que du déficit en équipements modernes et d’un environnement économique peu favorable au développement des industries locales.
Afin de rendre le cacao congolais plus compétitif sur les marchés internationaux, le président de l’ASSECCAF recommande le renforcement de la formation des producteurs aux bonnes pratiques agricoles, l’amélioration des techniques de fermentation et de séchage ainsi que la mise en place de mécanismes efficaces de contrôle qualité.
Par ailleurs, il plaide aussi pour un meilleur accès aux certifications internationales et une structuration accrue des producteurs en coopératives afin d’accroître la valeur du cacao produit en RDC.
Pour rappel, lors de la 88e réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 8 mai, le gouvernement congolais avait annoncé avoir adopté de nouvelles stratégies proposées par le ministre du Commerce extérieur afin de protéger les producteurs nationaux face à la baisse des cours du cacao sur le marché international.
Parmi les mesures envisagées figurent notamment la diversification des marchés d’exportation, la mise en conformité qualitative de la production ainsi que l’accroissement des capacités productives nationales.
Divine Mbala