La Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP) estime que les derniers développements judiciaires dans le dossier impliquant l'ancien inspecteur général des finances, Jules Alingete Key et les dirigeants du Groupe Rawji confortent les conclusions de son enquête indépendante. Dans un communiqué publié ce vendredi 10 juillet, l'organisation s'appuie notamment sur le communiqué officiel du Procureur général près la Cour de cassation, daté du 4 juillet, pour soutenir qu'aucun élément ne permet, à ce stade, d'établir une implication des personnes concernées dans des faits de corruption ou de blanchiment de capitaux.
La fondation rappelle qu'une mesure d'interdiction de sortie du territoire prise le 20 juin à l'encontre de plusieurs personnes, dont Jules Alingete Key et des responsables du Groupe Rawji, avait pour seul objectif d'assurer leur disponibilité dans le cadre de l'enquête. Selon le Parquet général, cette mesure conservatoire a depuis été levée, l'instruction ayant évolué.
La FBCP souligne également que, d'après le Procureur général près la Cour de cassation, « la preuve d'une quelconque implication des incriminés dans des faits de corruption ou de blanchiment de capitaux n'a pas été rapportée », ajoutant que certains faits évoqués avaient déjà fait l'objet de procédures judiciaires antérieures ayant abouti à des décisions définitives de non-lieu.
La fondation met en avant plusieurs éléments judiciaires
Dans son communiqué, la FBCP indique que ses propres investigations aboutissent au même constat. Elle rappelle notamment qu'un jugement rendu le 2 octobre 2024 par le Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe dans une procédure engagée à la requête de Rawbank est devenu définitif après l'absence de tout recours, comme l'atteste un certificat de non-appel.
L'organisation évoque également une correspondance du 18 avril 2025 émanant de la Cellule nationale des renseignements financiers, transmise par le Premier avocat général près la Cour de cassation. Selon la fondation, ce document indiquait que les investigations financières menées sur de présumées collusions fiscales avec le Groupe Rawji n'avaient mis en évidence aucun fait de blanchiment de capitaux imputable à Jules Alingete.
« La position exprimée aujourd'hui par le Parquet général rejoint les conclusions auxquelles nous étions parvenus au terme de notre enquête. Les éléments examinés montrent qu'aucune preuve de corruption ou de blanchiment de capitaux n'a été établie et que plusieurs procédures antérieures avaient déjà connu une issue judiciaire définitive », affirme la FBCP.
Des accusations visant des responsables politiques
Au-delà des aspects judiciaires, la fondation affirme voir dans cette affaire l'existence de pressions politiques. Elle évoque l'intervention d'« une main noire » impliquant, selon elle, un ancien ministre et certains responsables actuellement au pouvoir. La FBCP considère que ces agissements seraient liés aux poursuites que Jules Alingete avait sollicitées, lorsqu'il dirigeait l'Inspection générale des finances, contre plusieurs personnalités soupçonnées de détournement de deniers publics.
« Nous dénonçons avec la plus grande fermeté ces manœuvres de coulisses et ces campagnes administratives et médiatiques que nous considérons comme des mesures de rétorsion. Elles sont de nature à porter atteinte aux principes de l'État de droit et à fragiliser ceux qui ont exercé leurs fonctions dans la défense des intérêts publics », soutient la fondation.
Au regard de ce contexte, la FBCP appelle le gouvernement à renforcer la sécurité de Jules Alingete Key, ainsi que celle de ses proches et de son épouse. L'organisation estime que leur protection est nécessaire face aux risques qu'elle associe à cette situation.
La fondation conclut en plaidant pour le respect des procédures judiciaires et l'indépendance des institutions, estimant que ces principes demeurent essentiels pour consolider l'État de droit en République démocratique du Congo.
Jean-Baptiste Leni