À la fin du mois de juin, la Présidence de la République avait déjà consommé l’essentiel de son budget annuel. Sur une enveloppe totale de 611,70 millions USD, pas moins de 564,04 millions avaient été engagés, soit un taux d’exécution de 92,2 %. Un chiffre qui, pris isolément, pourrait laisser croire à une gestion maîtrisée.
Pourtant, en coulisses, le Plan d’engagement budgétaire (PEB) du ministère du Budget prévoit encore 108,82 millions USD de nouvelles dépenses pour la période de juillet à septembre. D’après la Direction du contrôle budgétaire, seuls 47,66 millions USD étaient encore disponibles au 29 juin. Autrement dit, le programme du troisième trimestre dépasse de plus de 61 millions les marges de manœuvre affichées à la fin du mois de juin.
Des postes de dépenses dans le rouge
En creusant les grandes lignes du budget, deux rubriques attirent particulièrement l’attention.
La première, « biens et matériels », affiche un trou de 60,53 millions USD. Les engagements pris dans ce secteur s’élèvent à 73,73 millions, alors que le budget alloué n’est que de 13,21 millions. Un écart qui interroge, pour le moins.
La seconde, « équipements », présente un déséquilibre similaire : 49,07 millions d’engagements pour une enveloppe initiale de 7,02 millions, soit un dépassement de 42 millions.
Ces chiffres ne disent rien des éventuels redéploiements, transferts ou ajustements de crédits qui ont pu avoir lieu en cours d’année. Aussi, le document ne livre pas toutes les clés pour comprendre ces écarts.
Un troisième trimestre sous tension
Sur les trois prochains mois, la Présidence entend concentrer ses engagements sur trois grands postes :
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52,19 millions USD pour les transferts et interventions de l’État,
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30,38 millions pour les dépenses de personnel,
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23,78 millions pour les prestations.
À cela s’ajoutent des montants plus modestes pour les biens et matériels (1,52 million) et les équipements (environ 0,95 million).
Total de la programmation pour le troisième trimestre : 108,82 millions USD. Un montant qui, on l’a vu, est très loin des 47,66 millions disponibles au 30 juin.
Une question qui fâche
Cette situation qui témoigne de l’indiscipline budgétaire suscite des interrogations légitimes : comment se fait-il que la Présidence puisse prévoir autant de dépenses pour les mois à venir alors qu’elle dispose officiellement de si peu de marges ?
Jean-Baptiste Leni