Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux a présenté, le vendredi 23 janvier au Conseil, la situation actuelle du Fonds spécial de répartition de l'indemnisation aux victimes des activités illicites de l'Ouganda en République démocratique du Congo ou à leurs ayants droit (Frivao) et des mesures correctives déjà engagées. Selon le compte-rendu fait par le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, les constats font état de :
« l’augmentation incontrôlée de l’effectif de victimes passant d'environ trois mille victimes certifiées à plus de 14 000, voire 16 000 pour la seule ville de Kisangani ; des pratiques de fraude, de manipulation et de pressions politiques locales mises en évidence ; d’une confusion persistante installée entre les réparations judiciaires dues aux victimes et des attentes sociales plus larges ; de l’utilisation des fonds destinés aux indemnisations pour couvrir le fonctionnement courant du Fonds ; ainsi que de la dégradation de la sécurité physique des mandataires et du personnel à Kisangani »
Face à cette situation, rapporte le document, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux a expliqué les décisions urgentes à prendre afin de restaurer la crédibilité, la transparence et l'efficacité de ce Fonds, dont la mission est directement liée à la réparation due aux victimes des activités illicites de l'Ouganda sur le territoire national, principalement dans la province de la Tshopo.
La même source indique que le ministre d'État en charge de la Justice a rappelé que depuis mi-novembre 2025, des consultations ont été menées avec les parties prenantes à différents échelons. Ce qui a permis de poser des actes immédiats pour éviter l’effondrement total de l’Institution.
Ainsi, la suspension du Comité de Coordination a été levée en décembre 2025 afin de rétablir un minimum de gouvernance et de mettre fin à une situation de blocage institutionnel. Les arriérés de salaires, de loyers et de charges administratives ont été réglés pour assurer la continuité de l'outil administratif.
« Par ailleurs, une injonction a été donnée au Procureur général près la Cour de Cassation afin d'ouvrir des enquêtes sur les fausses victimes, les réseaux d'extorsion et les détournements présumés. Car, il est question ici de protéger les véritables victimes et de réaffirmer l'autorité de l'État », a-t-on lu.
Bienvenu Ipan