RDC : le gouvernement finance à 100 % la réinsertion socioéconomique de 5000 combattants dans les Kivu (coordonnateur national du PDDRCS)

Photo d'illustration
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PAR Deskeco - 13 mar 2026 11:12, Dans Actualités

Pour la première fois dans l'histoire de la République démocratique du Congo, le gouvernement, à travers le Programme de désarmement, démobilisation, réinsertion communautaire et stabilisation (P-DDRCS), a financé sur fonds propres la réinsertion socioéconomique de 5000 combattants dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Le coordonnateur national de ce programme, le professeur Jean de Dieu Désiré Ntanga Ntita, l'a déclaré lundi lors d'un briefing spécial organisé par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya.

« Indépendamment de ce qu'il a comme priorités d'ordre sécuritaire et autres, le gouvernement de notre pays, que dirige Mme la Première ministre Judith Suminwa, a déployé des moyens conséquents et nous (PDDRCS, ndlr) avons travaillé à 100 % pour tout ce qui est désarmement et démobilisation avec les fonds de notre pays. Et vous devez en être fiers comme moi », a déclaré le coordonnateur national du Programme de désarmement, démobilisation, réinsertion communautaire et stabilisation (P-DDRCS), le professeur Jean de Dieu Désiré Ntanga Ntita.

« Vous devez en être fiers parce que c'est une première. Généralement, ce sont les partenaires extérieurs qui financent la réinsertion. Mais cette fois-ci, je suis tellement content de voir que le chef de l'État, à travers son gouvernement et le ministère de la Défense, a mis à la disposition du programme tous les moyens financiers pour son fonctionnement », a-t-il souligné.

À l’en croire, le processus de Washington prévoit un volet qui concerne aussi le PDDRCS.

« Le PDDRCS a aussi été mentionné expressément dans les accords de Washington. Pour ressentir les dividendes de tous ces accords, il faut passer par le PDDRCS, qui vous donne l'ancrage communautaire. Nous sommes donc là pour accompagner tous ces démobilisés, tous ces ex-combattants », a fait savoir le coordonnateur national.

Il a évoqué quelques innovations apportées dans ce programme, notamment la formation professionnelle ou formation qualifiante.

« Ici, l'innovation, c'est qu'on a signé un protocole d'accord avec le ministre d'État, ministre de la Formation professionnelle. En vertu de cet accord, les différents métiers que nous administrons aujourd'hui à nos combattants font partie du répertoire national », a révélé le professeur Ntanga Ntita.

Et d'expliquer :

« Celui qui veut devenir, par exemple, agriculteur, on va lui donner les connaissances de base essentielles pour conduire l'activité agricole. Il va apprendre le climat, le sol, le cycle végétatif : comment ça fonctionne ? Quels sont les facteurs qui traumatisent les plantes ? Comment faut-il protéger, défendre les plantes, etc. ? Ce sont les connaissances de base que l'on va donner à nos combattants. »

Dans cette approche, a-t-il poursuivi, « on va utiliser la personne avec ce qu'elle a comme capacité, on va utiliser un certain nombre d'instruments relatifs au secteur dans lequel elle est formée pour qu'elle arrive à produire des biens et des services liés à ce domaine de savoir-être. Ce, pour faire en sorte que le monsieur ou la dame qui est dans le secteur agricole arrive à vivre avec ses contemporains, avec sa communauté. »

Selon le coordonnateur national du PDDRCS, le bénéficiaire est formé pour produire des biens et des services, mais il doit savoir les vendre pour les mettre à la disposition des autres :

« Il doit aussi savoir se comporter en conséquence avec les autres pour que sa production puisse être consommée localement et lui, en retour, puisse tirer les revenus de cela. »

En plus de l'agriculture, les démobilisés sont aussi formés à la coopérative et à l'entrepreneuriat :

« Il s'agit ici de donner les formations de base aux démobilisés pour qu'ils apprennent à développer leurs aptitudes à travailler en groupe, parce que l'union fait la force. »

Au-delà des activités globales de démobilisation et d'intégration communautaire qu'il mène, le PDDRCS est aussi intervenu dans la réhabilitation des points d'eau communautaires à Kalemie, dans la province de Tanganyika.

Le programme ne se limite pas qu'à la réinsertion socioéconomique des combattants, mais fait en sorte que ses activités conduisent également à la consolidation de la paix.

Bienvenu Ipan

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