Un changement à la tête de l’Office de Gestion du Fret Multimodal (OGEFREM) est intervenu à la suite de la suspension du directeur général, William Kazumba Mayombo, pour des manquements jugés graves dans la gestion de cette entreprise publique.
Emmanuel Mayele Samba, nommé directeur général ad intérim, a officiellement pris ses fonctions lors d’une cérémonie organisée le 24 janvier dernier en présence du président du conseil d’administration (PCA), Amisi Makutano, chargé de veiller au respect de la procédure administrative.
« Nous sommes dans la procédure administrative, il m’a été instruit de suivre cette procédure, c’est ce qui justifie d’ailleurs ma présence ici en tant que président du conseil d’administration, et cela se justifie aussi dans le cadre de la mise en œuvre de la décision de l’arrêté ministériel susmentionné, bien attendu, nous sommes dans la faisabilité, c’est-à-dire assister à la remise et reprise et à la fin, il fallait donner le plein droit à celui qui prend la commande aujourd’hui », a indiqué Amisi Makutano, président du conseil d’administration de l’Ogefrem.
La suspension de William Kazumba Mayombo a été décidée à titre conservatoire pour une durée de trois mois par le vice-Premier ministre, ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba. Cette mesure vise à permettre des investigations approfondies sur plusieurs faits reprochés au dirigeant suspendu, notamment des sorties récurrentes de fonds effectuées sans information préalable du conseil d’administration ni de l’autorité de tutelle.
Dans un arrêté ministériel rendu public le vendredi 24 janvier, le vice-Premier ministre fait état de graves irrégularités dans la gestion de l’OGEFREM. Parmi les faits relevés figure le lancement, le 1er janvier dernier, d’une plateforme logicielle qui n’aurait pas obtenu l’aval du ministère de tutelle, en contradiction avec le « processus ministériel en cours ».
« Est suspendu à titre conservatoire de toutes ses fonctions, Monsieur William Kazumba Mayombo, directeur général de l’Office de Gestion du Fret Multimodal (OGEFREM). La suspension visée à l’article 1er est prononcée pour une durée de trois mois, en attendant les conclusions définitives des enquêtes ainsi que l’issue d’éventuelles procédures judiciaires », peut-on lire dans l’arrêté ministériel.
Jean-Pierre Bemba reproche également à William Kazumba son refus d’appliquer les recommandations du conseil d’administration, formulées en mars dernier. Ces recommandations concernaient notamment la résiliation d’un contrat de gré à gré conclu avec la société Catalyst, jugé non indispensable à l’entreprise, comme l’indique une correspondance officielle datant de mai 2025.
La prise de fonctions d’Emmanuel Mayele Samba intervient dans un contexte marqué par la volonté affichée des autorités de renforcer la gouvernance et la transparence au sein des entreprises publiques. Le nouveau directeur général ad intérim est attendu sur la stabilisation de la gestion courante de l’OGEFREM, dans l’attente des conclusions des procédures engagées.
De son côté, le conseil d’administration, sous la supervision de son président Amisi Makutano, est appelé à accompagner cette transition et à veiller à la mise en œuvre des recommandations visant à assainir la gestion de l’Office.
Cette affaire relance le débat sur la redevabilité des dirigeants publics et le contrôle effectif des finances au sein des établissements de l’État, dans un secteur stratégique pour l’économie et le commerce extérieur de la République démocratique du Congo.
Jean-Baptiste Leni