En marge du 39ᵉ Sommet ordinaire des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine, tenu à Addis-Abeba, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a multiplié les échanges autour de la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Le ministre congolais a notamment eu des discussions jugées « très fructueuses » avec le secrétaire général de la ZLECAf, dans le but d'analyser l'évolution du processus d'intégration commerciale sur le continent. Selon lui, les chefs d'État réunis à Addis-Abeba ont placé au cœur de leurs priorités l'évaluation du niveau d'application de cet accord continental, considéré comme un levier stratégique pour le développement de l'Afrique.
Julien Paluku a tenu à rassurer sur certaines inquiétudes persistantes, notamment celles liées à une éventuelle perte de recettes douanières consécutive à l'ouverture des frontières.
« Beaucoup craignent qu'en ouvrant nos frontières, nous perdions des recettes au niveau des douanes. Mais il est important de rappeler que le libre-échange dans le cadre de la ZLECAf ne concerne que les produits d'origine africaine, et non ceux provenant de l'Asie, de l'Europe ou des États-Unis », a-t-il expliqué.
Le ministre a également souligné la nécessité d'impliquer davantage les ministères des Finances des pays africains afin d'assurer une application harmonisée des mesures prises. Il a insisté sur l'importance de donner des instructions claires aux administrations douanières pour amorcer progressivement le démantèlement tarifaire décidé par les chefs d'État. Cette mesure vise à alléger certaines taxes afin de faciliter la circulation des produits africains à travers le continent.
S'appuyant sur des études économiques, Julien Paluku a rappelé que la mise en œuvre complète de la ZLECAf à l'horizon 2030 pourrait entraîner une augmentation significative du produit intérieur brut (PIB) africain, générant ainsi plusieurs milliards de dollars supplémentaires et stimulant la croissance des richesses sur le continent.
Lors de la 16ᵉ réunion des ministres du Commerce des pays membres de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), tenue en avril dernier, le ministre congolais a annoncé que, sur 6 439 produits inscrits dans les concessions tarifaires de la RDC, seuls 209, soit 3 %, ne seront pas concernés par la suppression des droits de douane.
« Pour la RDC, sur la liste de 6 439 produits figurant dans nos concessions tarifaires récemment déposées à la ZLECAf, après un travail participatif coordonné par la Direction générale des douanes et accises (DGDA), 3 %, soit 209 produits, ne seront pas concernés par la suppression des droits de douane », avait déclaré le ministre.
Par ailleurs, les règles d'origine sont clairement établies : un produit est considéré comme originaire si au moins 70 % des intrants utilisés dans sa fabrication sont locaux. Ainsi, le simple assemblage de pièces importées ne confère pas le statut de produit originaire et ne donne donc pas droit aux avantages de la Zone de libre-échange.
Divine Mbala