Le président de la République, Félix Tshisekedi, a annoncé, ce vendredi 20 février lors de la 79ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres, la nécessité de procéder à un audit de l’état liquidatif de la paie, une mesure présentée comme essentielle pour préserver l’équilibre des finances publiques et garantir la régularité du paiement des salaires des agents de l’État en République démocratique du Congo.
Selon le chef de l’État, cette initiative s’inscrit dans une démarche de discipline budgétaire visant à contenir les pressions croissantes exercées sur la trésorerie publique, notamment en raison de l’augmentation de la masse salariale liée à l’engagement de nouvelles unités sans maîtrise suffisante des effectifs ni mécanismes de vérification adéquats.
« Dans l’objectif de garantir la soutenabilité de nos finances publiques et d’assurer la continuité des opérations financières de l’État […], il est indispensable de contenir les pressions croissantes exercées sur la trésorerie de l’État par l’accroissement de la masse salariale consécutif entre autres à l’engagement de nouvelles unités sans maîtrise suffisante des effectifs ni des mécanismes de vérification », a déclaré le président de la République.
Le chef de l’État a précisé que cette décision ne constitue ni une mesure ponctuelle ni une réaction circonstancielle, mais s’inscrit dans la continuité d’une orientation déjà affirmée en faveur de l’assainissement des finances publiques.
Il a rappelé qu’il avait déjà insisté sur des mesures urgentes de redressement lors de précédentes réunions du Conseil des ministres, dans un contexte marqué notamment par la hausse des dépenses sécuritaires et par les engagements pris auprès des institutions de Bretton Woods, dont le Fonds monétaire international, dans le cadre de programmes de financement.
« Il ne s’agit ni d’une mesure isolée ni d’une réaction conjoncturelle, mais de la continuité d’une orientation constante en faveur de l’assainissement et de la discipline budgétaire », a-t-il souligné.
Le président de la République a également insisté sur la dimension sociale de la réforme, rappelant que la rationalisation de la paie vise avant tout à protéger les agents publics régulièrement engagés et à sécuriser leurs rémunérations.
« Le salaire des fonctionnaires n’est pas une simple variable budgétaire, il est un droit social fondamental garant de la dignité des agents publics et de la stabilité des ménages. Assainir la paie ne vise donc nullement à fragiliser les agents régulièrement engagés mais à les protéger contre les dysfonctionnements et les charges indues qui menacent la soutenabilité du système », a-t-il affirmé.
Selon la présidence, l’audit poursuivra un double objectif : s’assurer que chaque rémunération versée corresponde à un droit légitime et à un service effectivement rendu, tout en garantissant la régularité et la ponctualité des paiements.
Pour la mise en œuvre de cette décision, la première ministre a été instruite d’assurer la coordination stratégique de l’opération, avec l’appui notamment de l’Inspection générale des finances et des services de contrôle concernés.
Le vice-premier ministre en charge du Budget est appelé à veiller à la concordance stricte entre les effectifs budgétaires et les effectifs rémunérés, tandis que le ministre des Finances devra renforcer le mécanisme conjoint de liquidation et de paiement fondé sur la disponibilité réelle de la trésorerie. Les résultats de l’audit de l’état liquidatif de la paie sont attendus dans un délai de trente jours.
Jean-Baptiste Leni