Alors que le gouvernement congolais affirmait récemment que les stocks de produits pétroliers étaient suffisants pour couvrir les besoins du pays jusqu'en juin, la ville de Kinshasa connaît depuis ce lundi 23 mars une nouvelle pénurie, avec de longues files d'attente observées devant plusieurs stations-service par la rédaction de DeskEco.
Sur le terrain, les usagers expriment leur inquiétude face à cette rupture soudaine d’approvisionnement.
« Je viens d’arriver il y a quelques minutes, mais on nous annonce qu’il n’y a pas de carburant. Cette situation a commencé depuis ce matin. Je le constate depuis ce matin, parce que j’ai fait un tour dans trois stations sans me procurer du carburant », a témoigné un motard.
Avant d’ajouter :
« La journée d’aujourd’hui est compliquée pour nous, mais nous espérons une amélioration d’ici ce soir ».
Même constat pour les chauffeurs de transport en commun. Jean-Jacques, chauffeur de la marque Sprinter appelé communément à Kinshasa 207, raconte :
« Il me restait un peu de carburant depuis hier, alors j’ai décidé de commencer la journée avec en attendant de me ravitailler plus tard. Arrivé à la station, il n’y avait rien. Au début, j’ai cru qu’ils refusaient de vendre, mais après quelques minutes d’attente, j’ai compris que la situation était générale. »
Selon lui, cette situation aura des répercussions sur le coût du transport en commun d’ici mardi.
« Si cela persiste, il est fort probable que les prix du transport augmentent dès demain », craint-il.
La semaine dernière, l’analyste politique Christian Moleka alertait déjà sur une probable flambée des prix des produits pétroliers, causée notamment par la guerre au Moyen-Orient.
De l’autre côté, Flory Mapamboli, député national membre de la commission économique et financière, a adressé une question d’actualité au ministre de l’économie nationale sur les répercussions de la crise au Moyen-Orient sur l’économie de la RDC.
L’initiative vise à obtenir des éclaircissements du gouvernement sur les conséquences économiques que pourraient entraîner les tensions géopolitiques dans cette région stratégique pour l’approvisionnement mondial en produits pétroliers.
Le cours du baril de Brent à l’international s’est clôturé à 112,19 $ au 22 mars 2026, à cause de la persistance du conflit entre la coalition américano-israélienne et l’Iran. En effet, jusqu’à jeudi dernier, Téhéran a poursuivi des frappes visant des infrastructures pétrolières au Moyen-Orient, pendant que le détroit d’Ormuz, où transite un cinquième du pétrole mondial, reste fermé.
Divine Mbala