Face au déficit énergétique en RDC, le gouvernement mise sur le grand pari d'Inga 3 et des solutions d'urgence pour l'industrie minière

Photo d'illustration
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PAR Deskeco - 25 mar 2026 08:50, Dans Actualités

La République démocratique du Congo (RDC) dépend fortement de l’industrie minière pour sa survie économique. En effet, 65 % du budget de l’État congolais provient des ressources minières. Pourtant, cette industrie ne fournit que 20 % de sa capacité à cause d’un vaste déficit énergétique, à en croire Molendo Aimé Sakombi, ministre congolais des ressources hydrauliques, dans son intervention la semaine dernière lors du Workshop national de haut niveau qui a eu lieu les 17 et 18 mars derniers, à Kinshasa. D’où la nécessité pour le gouvernement d’apporter une réponse adaptée pour booster encore plus son économie.

Une demande de près de 2000 mégawatts pour l’industrie minière

Selon le ministre Sakombi, le besoin réel en énergie pour l’industrie minière en RDC est évalué à environ 2000 mégawatts (MW), pour combler le besoin actuel de ces industries minières. Pour répondre à ce besoin, le gouvernement procède à des importations, notamment en Zambie et en Angola. Certaines entreprises recourent à une autoproduction thermique coûteuse, qui réduit la compétitivité des projets à forte intensité énergétique, explique le ministre.

Grand Inga : un projet gouvernemental contre le déficit énergétique, mais qui va durer

Pour résoudre le déficit énergétique, notamment dans l’industrie minière, le gouvernement de la RDC mise sur le grand projet Inga 3, qui comprend un barrage et une centrale hydroélectrique de 4800 MW, sur les chutes d’Inga, au bord du puissant fleuve Congo. En effet, le grand projet Inga en lui-même, un projet pensé depuis les années 1950, pourrait atteindre 40 000 MW. Mais la phase 3, qui en consacre le début, comporte deux sous-phases.

Mais Inga 3 va prendre environ une décennie, a expliqué le ministre Sakombi. « S’il faut dire la vérité à nos concitoyens, à partir du premier coup de pioche (mobilisation des fonds, décaissement), il faudra attendre au moins dix ans », a lâché le ministre.

Déjà au mois d’avril 2026, le ministre sud-africain de l’énergie est attendu à Kinshasa. Les discussions avec la partie congolaise vont notamment concerner la signature des contrats d’achat d’électricité sur la facture de production d’Inga 3, avec les pays de la SADC.

 En juin 2025, le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé un crédit de 250 millions de dollars en faveur de la RDC pour la première phase du programme de développement du projet hydroélectrique Inga 3, estimé à un milliard de dollars.

Au niveau institutionnel, le gouvernement de la RDC a déjà préparé le projet de loi qui formalise le cadre du projet Inga, en plein examen à la commission mixte du gouvernement. Toute cette démarche va accélérer la bancabilité du projet, a expliqué le ministre.

Des projets à court terme du gouvernement en attendant Inga 3

Le gouvernement de la RDC rassure toutefois ne pas rester « les bras ballants ». C’est ainsi que plusieurs projets à court terme sont développés pour répondre au déficit énergétique. Dix-sept centrales sont abandonnées et sont à réhabiliter. « Le dossier est passé en conseil des ministres, il y a toute une équipe qui est en train de se mouvoir partout dans le pays en vue de la réalisation de ces ouvrages énergétiques, pour renforcer notre sécurité énergétique », a indiqué le ministre Sakombi.

Entretemps, le gouvernement a lancé les projets d’assainissement des lignes de la Société nationale de l’électricité (SNEL). Selon Molendo Sakombi, les travaux consistent en des changements de cabines ainsi que de câbles, dont certains sont vieux de 45 ans.

La SNEL est entre-temps confrontée à la difficulté de recouvrement des frais de consommation de l’électricité, dont le taux de recouvrement est de 35 %. Même si le gouvernement est noté comme le mauvais payeur de l’électricité, le ministre a rassuré que les efforts sont déjà fournis pour tout payer.

Le projet Kinsuka : un PPP pour desservir Kinshasa

Selon le ministre, le déficit énergétique pour la capitale de la RDC est de 1000 MW. C’est dans cette optique que le projet Kinsuka, en partenariat public-privé (PPP) avec le groupe Forest, qui appartient à l’investisseur Yves Kabongo, va produire environ 900 MW.

« Là, c’est déjà 900 MW, avec possibilité de construire une ligne comme Inga-Shaba, jusqu’au Katanga, pour renforcer la sécurité énergétique et augmenter la production des miniers », explique Aimé Sakombi Molendo.

Le projet Pioka-Tombe : levier pour combler le déficit à Kinshasa et développer l’industrie minière dans le Katanga et le Kongo Central

Le ministre Molendo Sakombi est également revenu sur le projet du barrage hydroélectrique transfrontalier de Pioka-Tombe, dont la capacité de production est évaluée à 6450 MW. Les discussions ont été entamées d’abord avec le Congo-Brazzaville, qui avait un projet de 1500 MW pour le même site. Selon le ministre, les autorités brazzavilloises ont accepté de mettre en « veilleuse » leur projet de 1500 MW et de laisser à la RDC développer son projet d’environ 6500 MW, pour venir acheter plus tard 1500 MW une fois le projet achevé.

Ce projet va, entre autres, contribuer à combler le déficit énergétique à Kinshasa, soutenir les besoins industriels dans le Katanga et, enfin, faciliter le projet d’exploitation de bauxite dans le Kongo Central.

Le ministre a consulté les Italiens qui avaient déjà réalisé des études de faisabilité sur le projet, et ils vont mettre leurs études à jour dans neuf mois.

Ces projets développés pourraient permettre au pays de résorber le déficit énergétique, booster l’industrie et améliorer l’économie.

 

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