RDC : un rapport d'Afrewatch cite trois grandes entreprises minières derrière la destruction des forêts de Miombo

Une forêt du Bassin du Congo
Une forêt du Bassin du Congo
PAR Deskeco - 25 mar 2026 17:24, Dans Actualités

Se référant aux résultats de l'étude intitulée "Minerais stratégiques et forêts du miombo en République démocratique du Congo", menée entre 2000 et 2024, Afrewatch pointe du doigt accusateur trois grandes entreprises minières derrière la destruction des forêts de miombo, dans la zone couvrant l'arc cuprifère katangais et le Corridor de Lobito.

Évoquant en premier Tenke Fungurume Mining (TFM), "le géant destructeur", le rapport révèle ce qui suit: 

« De loin, l’entreprise avec le plus gros impact sur les forêts. TFM a rasé 17 098 hectares de forêt de Miombo en 24 ans (sur un couvert forestier initial de 26 017 hectares) tout en multipliant ses infrastructures par 7,6 (de 5153 à 39163 ha). Le résultat est sans appel : 2,1 mégatonnes de CO₂ ont été relâchées dans l'atmosphère. TFM est actuellement audité par l'IRMA. Les conclusions sont attendues ».

Est citée en deuxième position, Mutanda Mining : 

« Mutanda Mining a détruit 4333 hectares de forêt, soit 94% de son couvert initial et a relâché l’équivalent de 538 798 tonnes de CO₂ dans l'atmosphère. Ses infrastructures ont été multipliées par 35 (de 144 à 5 100 ha) ». 

Le rapport d'Afrewatch cite enfin MMG: 

« MMG a perdu la quasi-totalité de son couvert forestier initial (-97%), avec une perte de 1 839 hectares en 24 ans. Cette entreprise possède le taux de déforestation annuel le plus élevé de l’échantillon, relâchant 228 731 tonnes de CO₂e dans l’atmosphère. Ses infrastructures sont passées de 4 à 1 200 hectares ».

Les forêts de miombo sont de vastes savanes boisées situées en Afrique centrale et australe, couvrant environ 2,4 à 5 millions de km². Elles s'étendent en une large ceinture allant de l'Angola à l'ouest jusqu'en Tanzanie à l'est, englobant la RDC (Katanga), la Zambie, le Malawi, le Mozambique, le Zimbabwe et le Burundi. 

Des impacts indirects dramatiques

À en croire Afrewatch, la déforestation ne se limite malheureusement pas aux zones d'extraction, et génère des effets en cascade dévastateurs. 

Parlant de l'afflux massif de population comme première conséquence, l'ONG explique : 

« Chaque nouveau site minier attire de nouveaux travailleurs, leurs familles, et des migrants économiques. Ces populations défrichent pour se loger et cultiver, en l'absence d'alternatives économiques structurées ».

Afrewatch cite également l'explosion de la production de charbon de bois comme deuxième effet dramatique :  avec un taux de desserte électrique très faible (21% au Lualaba, 28% au Haut-Katanga 8), le charbon de bois reste la principale source d’énergie domestique. Les infrastructures routières développées par les mines facilitent l’accès aux forêts et l'évacuation massive de braises vers les centres urbains (Lubumbashi, Kolwezi, Likasi). 

Autre conséquence, l'exploitation minière artisanale non réglementée : 

« Des camps informels se forment autour des sites industriels, où mineurs artisanaux et leurs familles défrichent pour survivre et extraire illégalement dans les permis des entreprises », renseigne-t-on.

Ce rapport cite aussi l'insécurité foncière et les expulsions comme effet de la déforestation.

« L'expansion des permis miniers entraîne des déplacements forcés de communautés, qui perdent leurs terres agricoles et forestières, aggravant la pauvreté et l'insécurité alimentaire. L’impact des activités minières ne se limite ainsi pas uniquement aux zones d’exploitation minière, et entraîne une déforestation indirecte et une précarisation des populations inquiétantes ».

Bienvenu Ipan

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