Pollution présumée à TFM : une possible sanction pourrait être la suspension des activités de l’entreprises si le problème est avéré (Jimmy Munguriek)

Jimmy Munguriek
Jimmy Munguriek
PAR Deskeco - 07 avr 2026 09:17, Dans Actualités

L’organisation Resource Matters a salué la réaction des autorités congolaises à la suite de la publication d’un rapport de l’Environmental Investigation Agency (EIA) mettant en cause les activités de Tenke Fungurume Mining (TFM) dans des cas présumés de pollution de l’air affectant les communautés locales.

Pour l’ONG, cette démarche constitue « une réaction rapide et appropriée » du gouvernement, traduisant une volonté de prendre en compte les préoccupations environnementales. Dans une interview accordée à DESKECO.COM, le directeur-pays de Resource Matters en RDC, Jimmy Munguriek, a rappelé que la pollution reste un risque inhérent aux activités minières.

« Nous sommes dans le secteur minier, il y aura toujours de la pollution. Mais les entreprises doivent mener des études d’impact environnemental et mettre en œuvre des plans de gestion environnementale », a-t-il déclaré.

Exigence de transparence et de réparation

Selon lui, face aux accusations, TFM devrait publier l’intégralité de son étude d’impact environnemental afin d’éclairer l’opinion publique.

« TFM devrait, dans ce contexte de controverse, publier l’ensemble de ses études pour démontrer les résultats obtenus », a-t-il indiqué.

Jimmy Munguriek évoque également plusieurs mesures à envisager en cas de responsabilité avérée de l’entreprise, notamment :

• la réparation des dommages causés aux populations ;

• la mise en place de mécanismes de captation des gaz à effet de serre ;

• et, en dernier recours, la suspension des activités de traitement des minerais.

« S’il s’avérait que ce problème est réel, une des sanctions pourrait être de demander à TFM d’arrêter ses activités de traitement des minerais qui polluent l’environnement, jusqu’à l’installation d’équipements adéquats », a-t-il affirmé.

Un cadre légal jugé globalement suffisant

Le responsable de Resource Matters estime par ailleurs que la législation congolaise en matière environnementale est globalement adéquate.

« Les textes peuvent prévenir les cas de pollution et de contamination. Mais s’il existe des lacunes, TFM a souscrit à des standards internationaux, ce qui constitue un instrument complémentaire », a-t-il expliqué.

Une société civile tenue à l’écart de l’enquête

L’ONG regrette toutefois que la société civile n’ait pas été associée à l’enquête annoncée par le gouvernement. Malgré cela, elle affirme faire confiance aux autorités pour produire des résultats crédibles.

« Nous espérons que les conclusions seront objectives. Si ce n’est pas le cas, les conséquences continueront à être visibles dans les communautés », a averti Jimmy Munguriek.

Pour rappel, Tenke Fungurume Mining (TFM) a rejeté les conclusions soulevées dans cette enquête en affirmant que les données de surveillance collectées entre fin 2024 et début 2025 ne montrent aucun dépassement des normes de pollution, notamment pour le dioxyde de soufre (SO₂). L’entreprise assure également que tout travail jugé dangereux est interrompu jusqu’à la maîtrise des risques.

Divine Mbala

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