Dans le prolongement des orientations arrêtées lors de la 40e réunion du Conseil des ministres tenu à Lubumbashi, le 18 avril 2025, le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, intervenant à la quatre-vingt-septième réunion ordinaire du Conseil des ministres tenu à Kinshasa, a réaffirmé que les corridors de la RDC ne sauraient plus être des simples voix d'évacuation. Ils constituent des artères vitales appelées à structurer durablement notre économie et à renforcer la souveraineté de l'État.
À ce titre, il a rappelé que notre pays au cœur du continent, est entouré de neuf voisins, a vocation d'être un hub d'échange inter-africains conciliant fluidité des flux, intégration équilibrée de ses provinces. Ses corridors doivent former l'ossature de notre politique d'aménagement du territoire et les socles de notre transformation économique. Plusieurs axes structurants s'imposent: le corridor Ouest Banana-Boma-Matadi-Kinshasa, adossé au port en eau profonde de Banana, constitue une ouverture stratégique directe sur l'Atlantique et un impératif de souveraineté économique appelant à une modernisation rapide et ses liaisons routières et ferroviaires; le corridor Sud d'Ilebo à Lubumbashi, connecté à l'axe Dilolo-Sakania, reste essentiel à la desserte minière malgré un besoin urgent de réhabilitation. Enfin, le corridor de Lobito, interconnecté au réseau ferroviaire angolais, offre une alternative compétitive pour l'exportation de minerais et exige une mise en œuvre accélérée. D'autres corridors complètent cette architecture, notamment les axes Est Lubumbashi-Kisangani-Kindu central via Kigoma et le corridor centrafricain ATCM appelé à renforcer l'intégration continentale en lien avec la SADEC et la CEDEAO et à réduire les coûts logistiques. Dans ce dispositif, le corridor de Lobito ne prend tout son sens que dans une approche systématique articulée autour des RN: RN39, RN7 et RN8 la première comme colonne vertébrale minière, la deuxième comme axe de connexion Nord Sud des bassins agricoles, et la troisième comme vecteur d'intégration des zones forestières et agricoles de l'Ouest. Ensemble, ces infrastructures constituent une chaîne logistique continue au service d'un espace économique, intégré et compétitif.
Face à ces enjeux, il est impérieux de passer résolument de l'intention à l'action. C'est ainsi que le président de la République a instruit le vice-Premier ministre des Transports, le ministre d'État, ministre de l'Industrie ad interim avec le concours de son cabinet, de superviser étroitement la direction générale des corridors et de développement industriel afin de s'assurer de la coordination du suivi et de l'évaluation desdits corridors, dans une logique de performance et de redevabilité. Ils devront garantir l'articulation effective entre le corridor et les infrastructures portuaires et aéroportuaires et logistiques. Le ministre des Finances conseillera sur la structuration des mécanismes des financements innovants, notamment par des partenariats publics privés robustes en particulier pour les corridors de Banana.
Le ministre des Infrastructures et Travaux publics s'appliquera à accélérer les études et à engager son délai, les travaux prioritaires sur les axes critiques notamment les routes nationales 39, 7 et 8 et le ministre de l'Aménagement du territoire s'emploiera à élaborer un schéma directeur assurant la cohérence spatiale et l'intégration des corridors dans une vision nationale unifiée.
Bienvenu Ipan