En République démocratique du Congo (RDC), le gouvernement veut rassurer sur l’avenir de la gratuité de l’enseignement. Intervenant mardi 28 avril à Kinshasa, le vice-Premier ministre chargé du Budget, Adolphe Muzito, a affirmé que l’exécutif entend garantir un financement durable des réformes éducatives engagées sous le président Félix Tshisekedi.
Prenant la parole lors d’un panel consacré à la soutenabilité financière de la gratuité de l’enseignement primaire public et à son extension progressive au secondaire, le VPM du Budget a présenté plusieurs mesures destinées à renforcer cette réforme devenue l’un des principaux marqueurs sociaux du pouvoir en place.
Parmi les annonces phares figure la mise à la retraite progressive des enseignants ayant atteint l’âge requis.
Selon Adolphe Muzito, un premier groupe de 4 000 enseignants pourrait quitter les effectifs dans l’immédiat afin de permettre une meilleure maîtrise de la masse salariale. À partir de 2026, environ 43 000 autres enseignants devraient également être concernés, avec des indemnités de sortie déjà prévues dans le futur collectif budgétaire.
« Nous avons commencé à programmer, dans le cadre du collectif budgétaire, les indemnités de sortie pour 43 000 enseignants à partir de 2026, avec une poursuite en 2027 », a indiqué le VPM du Budget.
En même temps, le gouvernement prévoit d’intégrer 3 000 enseignants supplémentaires à la paie de l’État dès ce mois d’avril, une mesure attendue par plusieurs agents jusque-là non pris en charge. Le vice-Premier ministre a indiqué que cette opération sera rendue possible grâce à l’augmentation des ressources publiques.
« Dans le cadre du collectif budgétaire que je présenterai au mois de mai au Parlement, nous disposerons de 16 milliards de dollars en ressources propres. Cela permettra notamment de prendre en charge 3 000 enseignants supplémentaires », a déclaré Adolphe Muzito.
Devant les membres du gouvernement, les partenaires techniques et financiers ainsi que les experts du secteur éducatif réunis à Hilton Kinshasa, Adolphe Muzito a mis en avant la progression des recettes de l’État au cours des dernières années. Selon lui, celles-ci sont passées de 4 milliards de dollars en 2019 à 10 milliards de dollars en 2023, avec une projection de 16 milliards de dollars à l’horizon 2026.
Pour le gouvernement dirigé par Judith Suminwa Tuluka, cette hausse des recettes doit permettre de soutenir les grandes réformes sociales, notamment dans le secteur de l’éducation. Les autorités assurent vouloir poursuivre les efforts visant à améliorer les conditions des enseignants tout en réduisant les inégalités salariales dans la fonction publique.
À travers ces engagements, l’exécutif congolais entend consolider la gratuité de l’enseignement de base et préparer un nouveau cycle de réformes éducatives à travers la Stratégie sectorielle intérimaire de l’éducation et de la formation 2026-2030
Jean-Baptiste Leni