La politique monétaire actuellement appliquée par la Banque centrale du Congo (BCC) n’est pas déconnectée de la réalité du tissu productif national et ne fragilise en rien l’économie de la République démocratique du Congo (RDC).
C’est la réponse d'André Wameso, gouverneur de la BCC, face aux critiques notamment de certains élus sur les réformes en cours à la Banque centrale. Il l’a fait savoir dans une interview accordée à Deskeco, lors de son dernier passage à Washington.
Wameso estime que parler d’une fragilisation de l’économie nationale relève simplement d’une pure théorie.
« Il ne faut pas lire des concepts dans les livres et venir sortir des phrases qui n’ont pas de sens », dit Wameso.
Parmi les mesures en proie aux critiques, il y a notamment la décision de la BCC de hausser son taux d’intérêt qui, selon les détracteurs, occasionnerait une baisse des exportations. Critique que le gouverneur balaie d'un revers de la main.
« Le renchérissement de l'argent mécaniquement peut entraîner une baisse des exportations si on vendait dans notre propre devise, parce que ça rendrait nos produits plus chers », explique-t-il.
Autrement dit, si la BCC augmentait ses taux, la monnaie locale s’apprécierait. Si la RDC vendait son cuivre ou son cobalt en francs congolais, ces produits deviendraient plus chers à l’exportation, ce qui entraînerait une baisse logique des exportations.
« Mais ici, ce n’est pas le cas », poursuit-il.
Avant d’ajouter :
« Nous vendons nos produits en dollars, les prix du cuivre ont augmenté en dollars, on continue de les vendre en dollars, le cobalt pareil. »
Wameso veut simplement expliquer que même si la BCC augmente ses taux et que le franc s’apprécie ou se stabilise, cela ne change en rien le prix du cuivre à l’exportation, car ce prix est fixé en dollars sur les marchés mondiaux.
« Donc il y a une embellie de la situation économique de notre pays. Je ne vois pas ce qui est venu désarticuler l'économie de la RDC avec la politique monétaire mise en place par la Banque centrale », conclut-il.