Le gouvernement poursuit la mise en œuvre du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T). En mission dans la province du Tanganyika, le ministre d’État chargé du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, Guylain Nyembo, a remis le jeudi 28 mai dernier trois infrastructures construites dans le territoire de Kabalo.
Les ouvrages réceptionnés comprennent les centres de santé de Lukundula et de Katutu ainsi que l’école primaire Maidombe. Ces réalisations s’inscrivent dans le cadre de la première phase du PDL-145T axée sur les infrastructures. Le programme lancé en 2022 par le président Félix Tshisekedi pour améliorer l’accès aux services sociaux de base.
« Je suis heureux d’être parmi vous, parce que le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo nous a demandé d’accélérer les travaux du PDL-145T. Je suis venu voir comment les travaux évoluent », a déclaré Guylain Nyembo.
Cette mission s’est déroulée en présence de Ngoné Sow, représentante du Représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’une des agences chargées de l’exécution du programme dans la province du Tanganyika.
À Kabalo, 14 infrastructures sont prévues dans le cadre du projet, dont sept écoles primaires, six centres de santé et un bâtiment administratif. Selon les chiffres communiqués par le ministère, neuf ouvrages sont déjà achevés tandis que cinq autres se trouvent à la phase finale des travaux.
« Ces réalisations illustrent la progression du programme dans une province où les besoins en infrastructures de base restent importants. Les écoles et centres de santé construits doivent permettre aux populations locales d’accéder à des services plus proches et dans de meilleures conditions » a indiqué le ministre.
Les membres du gouvernement multiplient les déplacements sur les différents sites du PDL-145T ce dernier temps afin d’évaluer l’état d’avancement des travaux et d'encourager les agences d’exécution à accélérer les livraisons. Lors d’un Conseil de ministres en novembre 2025, le président Félix Tshisekedi avait exprimé le vœu de voir la finalisation tous les ouvrages de la première phase à la fin de l’année 2025.
Un programme toujours sous le regard critique de la société civile
Cette inauguration intervient tout de même dans un contexte où le PDL-145T continue de susciter des débats sur sa gestion et son coût. En mai 2025, le Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL) avait publié un rapport de monitoring citoyen réalisé dans plusieurs provinces du pays.
L’organisation y dénonçait notamment des coûts de construction jugés élevés, des écarts entre les montants engagés et la qualité de certains ouvrages observés sur le terrain, ainsi que des insuffisances en matière d’équipements dans plusieurs centres de santé visités.
Le rapport évoquait également des interrogations sur la traçabilité d’une partie des fonds décaissés pour le programme, tout en recommandant davantage de transparence dans la gestion financière et le suivi des infrastructures. CREFDL avait par ailleurs relevé des retards dans certaines provinces et estimé que plusieurs ouvrages présentaient des défauts de finition susceptibles d’affecter leur durabilité.
De leur côté, les agences d’exécution telles que le PNUD, la CFEF ainsi que certains responsables du programme avaient contesté les conclusions du rapport, mettant en avant les contraintes logistiques, l’enclavement de nombreux territoires et les mécanismes de contrôle déjà mis en place.
Jean-Baptiste Leni