La République démocratique du Congo (RDC), est un pays paradoxalement l'un des plus pauvres du monde avec près de 68 % de sa population qui vit en dessous du seuil de pauvreté. Il détient pourtant le plus grand gisement de lithium en roche dure de la planète à Manono, dans la province du Tanganyika.
Ce minerai est stratégique parce qu’indispensable à la fabrication des batteries pour véhicules électriques et appareils électroniques. Il pourrait se négocier jusqu'à 60 000 dollars la tonne d'ici 2030 et constituer un levier historique pour sortir le pays de la misère.
Pourtant, le projet patine. Entre conflits juridiques, fragmentation des permis, zones d'ombre dans la gouvernance et risques de corruption pointés par l'ONG Resource Matters, le lithium de Manono peine à trouver sa voie. Même l'annonce récente du classement du lithium parmi les « minerais stratégiques » – qui ferait passer la redevance de 3,5 % à 10 % – pourrait, selon l'expert Lewis Yola, ralentir les négociations avec les investisseurs, dont la coentreprise Manono Lithium SAS (Zijin/Cominière).
Cette semaine, Deskeco se penche sur le lithium de Manono. Le défi est immense : transformer cette aubaine géologique en développement concret pour les communautés locales. Il faudra pour cela de la transparence, une vraie transformation locale du minerai, et que l'électricité ne reste pas un obstacle rédhibitoire.
Manono est un test grandeur nature pour la gouvernance minière congolaise. Que les erreurs du cuivre et du cobalt ne se répètent pas. Le peuple congolais, lui, n'attend plus de promesses, mais des résultats.
Bruno Nsaka