Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a initié, en juillet 2022, le processus d’appel d’offres pour l’exploitation de 27 blocs pétroliers et 3 blocs gaziers. Après l'avoir minutieusement examiné, Le Congo n'est pas à vendre (CNPAV) estime, pour sa part, que cet appel d'offres présente pour le pays un risque des dettes en lieu et place des recettes. La note d'analyse, qui contient aussi des recommandations permettant d'améliorer l'initiative gouvernementale, a fait l'objet d'échanges, le mercredi 2 juillet 2026 à Kinshasa, avec les parties prenantes du secteur.
"Le gouvernement de la RDC anticipe des revenus substantiels de l’exploitation future des hydrocarbures. Cependant, l’analyse historique et l’évolution actuelle du processus suggèrent un risque accru d’endettement, potentiellement sans bénéfice net pour l’État", alerte le CNPAV dans sa note.
Pertes historiques et processus actuel
La plateforme de la société civile rappelle que des pratiques opaques et des violations des procédures d’attribution avant 2022 ont entraîné des pertes estimées à 910 millions de dollars américains pour l’État congolais. Le processus en cours depuis juillet 2022 montre des signes inquiétants similaires, marqués par des infractions légales, un manque de transparence et de redevabilité, ainsi qu’une absence de données fiables sur le secteur.
Violation des procédures légales
"Bien que le Conseil des ministres ait approuvé l’appel d’offres pour 16 blocs pétroliers conformément à la loi sur les hydrocarbures, 27 blocs pétroliers et 3 blocs gaziers ont été mis aux enchères sans documentation officielle justifiant cette augmentation, violant ainsi les réglementations en vigueur", a-t-on lu.
Blocages et zones à risque
Dans le document, le consortium démontre que certains blocs offerts sont sujets à des litiges avec les précédents détenteurs, et d’autres se trouvent dans des zones interdites à l’exploitation, telles que les aires protégées et les zones écologiquement sensibles.
Doute sur la rentabilité
Autre faille, la structure affirme que la rentabilité des gisements proposés est incertaine, faute d’études géologiques adéquates. À l'en croire, "plusieurs entreprises ont retiré leurs candidatures après avoir évalué le potentiel insuffisant des blocs. À ce jour, aucun autre preneur ne s’est manifesté, malgré trois reports de la date limite de dépôt des dossiers".
Violations des critères d’attribution
En plus, le CNPAV relève le fait que les critères légaux et réglementaires d’attribution ont été ouvertement bafoués, notamment par la signature de contrats de partage de production de gaz avec des sociétés non qualifiées, semant les graines de futurs conflits coûteux pour la RDC.

Manque de transparence et de redevabilité
Le CNPAV a aussi manifesté son inquiétude sur le fait que les principes de transparence et de redevabilité, auxquels la RDC s’est engagée via l’ITIE, sont négligés.
"Aucun contrat signé n’a été publié, malgré l’obligation de divulgation pour assurer la transparence et la redevabilité", fait-on savoir.
Grosso modo, prévient le CNPAV, sans une application rigoureuse de la transparence, de la redevabilité, et du respect des lois et normes internationales, les espoirs de bénéfices à tirer de ces appels d’offres restent précaires.
"Une décision éclairée sur l’exploitation des hydrocarbures doit impérativement tenir compte de tous les enjeux soulevés", a-t-on recommandé.
Cette matinée d'échanges a connu la participation entre autres du président national de la Commission d'appel d'offres, qui a représenté le secrétaire général aux Hydrocarbures; du Coordonnateur national de l'ITIE, Jean-Jacques Kayembe ; et de l'expert géologue Mupepele.
Bienvenu Ipan