Conseil de sécurité de l'ONU : la RDC ouvre un débat international sur la gouvernance des ressources naturelles afin de prévenir les conflits armés

La plupart des discussions de l'UNEA-6 aborderont la manière dont la triple crise planétaire enracine la pauvreté et creuse le fossé entre les riches et les pauvres
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PAR Deskeco - 14 juil 2026 13:53, Dans Actualités

 

Profitant de sa présidence du Conseil de sécurité des Nations unies, la République démocratique du Congo a placé la question des ressources naturelles et de leur lien avec les conflits armés au centre des discussions internationales. Réunie lundi 13 juillet à New York selon la formule Arria, à l'initiative de la ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, cette rencontre a porté sur l'évaluation du déficit normatif en matière de ressources naturelles et de paix.

Dans son intervention, la cheffe de la diplomatie congolaise a expliqué que cette initiative allait bien au-delà d'un simple échange entre membres du Conseil de sécurité. Selon elle, la RDC entend ouvrir une réflexion de long terme sur la manière dont la gouvernance des ressources naturelles peut contribuer à réduire les facteurs économiques qui alimentent les conflits.

« En assumant pour la première fois depuis plus de trois décennies la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies, la République démocratique du Congo a souhaité mettre cette responsabilité au service d'une réflexion d'intérêt universel. La réunion qui nous rassemble n'est pas une consultation de plus. Elle ouvre un débat que notre pays souhaite inscrire dans la durée autour d'un défi majeur de notre époque : faire de la gouvernance des ressources naturelles non plus uniquement un sujet de gestion des conflits, mais aussi un instrument de prévention au service de la paix, de la sécurité et de la prospérité », a déclaré Thérèse Kayikwamba Wagner.

Les ressources naturelles au centre des équilibres mondiaux

La ministre d'État a rappelé que les minerais, le pétrole, le bois, l'or ou encore les diamants occupent aujourd'hui une place déterminante dans l'économie mondiale. Essentiels pour la transition énergétique, les nouvelles technologies et le développement industriel, ces ressources représentent, selon elle, une véritable opportunité de croissance pour de nombreux pays.

Elle a toutefois souligné que, dans les États confrontés à l'instabilité, ces mêmes ressources peuvent devenir une source de financement des groupes armés.

« L'enjeu ne se limite pas au financement direct des groupes armés par la vente de minerais. Nous sommes face à une économie politique beaucoup plus large où le contrôle des sites d'extraction, des corridors commerciaux, des systèmes de taxation et des flux financiers permet d'entretenir la violence, de consolider une emprise territoriale et parfois même de remplacer l'autorité de l'État. C'est précisément ce mécanisme qui explique pourquoi cette question revient régulièrement dans les dossiers examinés par le Conseil de sécurité », a-t-elle expliqué.

Une réflexion au-delà du cas de la RDC

Revenant sur les différents mécanismes déjà mis en place par la communauté internationale, notamment les régimes de sanctions, les groupes d'experts des Nations unies, le Processus de Kimberley, les lignes directrices de l'OCDE sur le devoir de diligence ou encore les dispositifs de traçabilité, la ministre a estimé que ces instruments ont permis des avancées importantes.

Elle considère cependant que les réponses internationales restent principalement orientées vers les conséquences des conflits plutôt que vers leurs causes économiques.

« Nous devons désormais nous interroger collectivement sur la manière dont une gouvernance responsable des ressources naturelles peut contribuer à prévenir les conflits. Prévenir les conflits suppose aussi d'agir sur les conditions économiques qui les alimentent. Notre démarche ne vise ni à créer de nouvelles obligations internationales, ni à instaurer un code minier mondial, ni à remettre en cause la souveraineté des États sur leurs ressources. Elle cherche à déterminer comment la coopération internationale peut aider les États à exercer pleinement cette souveraineté lorsque des groupes armés ou des réseaux illicites prennent le contrôle des ressources, des revenus et parfois même des fonctions de l'État », a soutenu la ministre.

Insistant sur la portée universelle de cette initiative, Thérèse Kayikwamba Wagner a précisé que la réflexion engagée ne cible aucun État en particulier.

« Cette initiative ne concerne pas uniquement la République démocratique du Congo. Mon pays en est une illustration particulièrement documentée, mais cette réalité touche d'autres régions du monde. Notre démarche n'est dirigée contre aucun État ni aucune région. Elle repose sur la conviction que ces défis concernent l'ensemble de la communauté internationale et qu'ils appellent une réponse fondée sur le dialogue, le respect de la souveraineté et la recherche du consensus », a-t-elle conclu.

Jean-Baptiste Leni

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