La mise en valeur du gisement de cuivre du Kasaï-Oriental pose déjà plusieurs défis, notamment en matière de financement des opérations de découverte des zones d'exploitation artisanale et d'approvisionnement en énergie. Pour accompagner la transition des exploitants artisanaux vers la petite mine, le directeur général du Service d'assistance et d'encadrement de l'exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE), Jean-Paul Kapongo Kadiobo, appelle le Fonds minier pour les générations futures (FOMIN) et l'État congolais à mobiliser les moyens nécessaires, notamment à travers le versement des 16 % de revenus prévus par l'article 198 du Code minier.
Selon le responsable du SAEMAPE, le manque de ressources financières constitue un obstacle à la mise en œuvre de la politique de formalisation et de professionnalisation de l'exploitation minière artisanale. Il estime que la mécanisation de la découverte des terrains est indispensable pour permettre aux coopératives minières d'accéder à des zones d'exploitation mieux aménagées et de passer progressivement vers la petite mine.
« La découverture fait allusion à la politique que j'avais proposée à Son Excellence Monsieur le ministre des Mines. Lorsque nous voulons créer des ZEA, par exemple au Kasaï-Oriental, nous n'en avons que quatre, alors que nous avons au minimum 28 coopératives minières et que toutes ces coopératives ne disposent pas de ZEA. Pour moi, ces zones s'inscrivent dans une logique de formalisation et de professionnalisation de l'exploitation minière artisanale. Nous devons migrer conformément à la vision du Chef de l'État. Nous avons passé beaucoup de temps dans l'artisanat minier et il faut maintenant évoluer vers la petite mine. Pour y parvenir, il faut réaliser la découverture de manière mécanisée, ce qui nécessite des capitaux importants », a expliqué Jean-Paul Kapongo Kadiobo.
Pour le directeur général du SAEMAPE, la disponibilité de ces financements permettrait à son institution de mieux accompagner les coopératives dans la préparation et l'aménagement des zones d'exploitation. Il appelle ainsi le FOMIN à mettre davantage de moyens à la disposition du SAEMAPE et invite l'État congolais à s'acquitter des ressources qui lui sont destinées en vertu du Code minier.
« Voilà pourquoi je suis là pour parler et demander que le FOMIN mette des moyens à la disposition du SAEMAPE et que l'État congolais puisse concrétiser ses prérogatives en procédant au paiement des 16 % de revenus prévus par l'article 198 du Code minier. Ces ressources permettront au SAEMAPE d'exécuter correctement sa politique en matière de droit superficiel et d'accompagner chaque coopérative dans les opérations de découverte. Si nous voulons réellement professionnaliser le secteur, nous devons donner aux coopératives les moyens de travailler dans des conditions qui correspondent à cette nouvelle étape de l'exploitation minière », a-t-il soutenu.
La question du financement intervient alors que le Kasaï-Oriental entend développer son potentiel cuprifère et attirer davantage d'investissements dans le secteur minier. Pour le SAEMAPE, la réussite de cette dynamique dépendra également de la capacité des pouvoirs publics à préparer les infrastructures nécessaires à l'exploitation et à la transformation des minerais.
Le défi de l'accès à l'énergie
À côté du financement, l'accès à une énergie suffisante figure parmi les préoccupations soulevées par le directeur général du SAEMAPE. Il reconnaît la présence de l'électricité dans la province, mais estime que les capacités actuelles devront être renforcées pour répondre aux besoins liés au développement des activités minières et à l'installation de nouvelles unités de traitement.
« Il y a du courant, mais le courant dont nous avons besoin doit être à la hauteur des activités qui vont se développer. Nous aurons plusieurs entités de traitement qui viendront transformer nos minerais localement. Il faudra donc renforcer la capacité énergétique disponible dans la province. J'appelle le gouvernement central à agir dans ce sens, parce que nous ne pouvons pas envisager une exploitation minière importante et une transformation locale des minerais sans disposer d'une énergie suffisante et régulière », a déclaré Jean-Paul Kapongo Kadiobo.
Jean-Baptiste Leni