Gisement de cuivre au Kasaï-Oriental : le DG du SAEMAPE plaide pour l’implication des exploitants artisanaux en coopératives aux côtés des industriels

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PAR Deskeco - 22 juil 2026 09:41, Dans Mines

 

Le développement du gisement de cuivre découvert dans la province du Kasaï-Oriental ne devrait pas profiter uniquement aux investisseurs industriels. C'est la position défendue par le directeur général du Service d'assistance et d'encadrement de l'exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE), Jean-Paul Kapongo Kadiobo, qui plaide pour une participation des exploitants artisanaux organisés en coopératives dans la mise en valeur de cette ressource.

S'exprimant sur la question, le responsable du SAEMAPE estime que la coexistence entre les opérateurs industriels et les exploitants artisanaux doit être organisée afin de permettre aux communautés locales de bénéficier elles aussi des retombées de l'exploitation du cuivre. Il rappelle que les artisans miniers ont joué un rôle dans la découverte et la connaissance du potentiel minier de cette partie du pays.

« On ne peut pas laisser aujourd'hui les industriels évoluer seuls avec le JV au niveau de la MIBA. Je pense que la paix doit s'installer entre les industriels et les artisanaux. Il y a déjà le JV, le ministre national des Mines était là et il a pris acte de cette signature entre la société MIBA, valablement représentée par son directeur général, et les autorités provinciales du Kasaï-Oriental. Mais quelle est la part des artisanaux ? Moi, je n'accepterai pas qu'ils soient écartés, parce que les artisanaux sont les premiers prospecteurs qui ont découvert ce gisement », a déclaré Jean-Paul Kapongo Kadiobo.

Le SAEMAPE veut une place pour les coopératives minières

Le directeur général du SAEMAPE s'interroge sur les bénéfices que les populations du Kasaï-Oriental ont tirés de l'exploitation des ressources minières au fil des années. Pour lui, l'expérience de la joaillerie et l'exploitation des ressources dans la province doivent pousser les autorités à repenser le modèle de développement du secteur minier.

« Quand on parle du Kasaï-Oriental, on parle de joaillerie. Mais qu'est-ce que cela a apporté aux ressortissants du Kasaï ? Est-ce que cela a développé le Kasaï ? Aujourd'hui, nous avons un gisement très important qu'il faut vulgariser et faire connaître. C'est une question de responsabilité. Nous devons faire en sorte que les populations et les exploitants artisanaux puissent également tirer profit de cette richesse », a-t-il soutenu.

Jean-Paul Kapongo Kadiobo estime par ailleurs que les projections de production annoncées pour le cuivre du Grand Kasaï pourraient offrir de nouvelles perspectives économiques à la région. Il appelle ainsi les autorités nationales à veiller à ce que les exploitants artisanaux ne soient pas laissés en marge du processus.

« J'interpelle Son Excellence Monsieur le Président de la République, qui est le garant du bon fonctionnement des institutions, pour qu'il ouvre les yeux sur cette question. Notre cuivre du Grand Kasaï, au regard de sa teneur, présente des projections qui pourraient atteindre entre 200 000 et 500 000 tonnes par an. C'est quelque chose que nous n'avons jamais vécu dans cette région. Nous avons seulement quatre ZEA et au minimum 28 coopératives minières, mais toutes ces coopératives n'ont pas accès à des zones d'exploitation artisanale. Il faut donc réfléchir à la manière de les intégrer dans cette nouvelle dynamique minière », a-t-il déclaré.

Des interrogations sur les clauses du partenariat avec MICKA

Le patron du SAEMAPE dit également ne pas disposer de toutes les informations relatives aux clauses du contrat conclu entre la MIBA et la société MICKA dans le cadre de leur partenariat. Il souligne toutefois que l'arrivée de cet opérateur intervient dans une zone où plusieurs milliers d'exploitants artisanaux sont déjà présents.

« Je ne connais pas les différentes clauses qui existent dans le contrat avec la société MICKA, qui a signé le JV avec la MIBA. Mais cette société arrive dans un environnement où nous avons déjà entre 4 000 et 5 000 exploitants artisanaux présents à Katende. Il faut donc se poser la question de savoir ce que nous allons faire de ces hommes et de ces femmes qui vivent déjà de cette activité. On ne peut pas simplement les ignorer. Il faut trouver un mécanisme qui permette aux industriels et aux artisanaux de travailler ensemble, chacun dans le respect de la loi et de ses droits », a-t-il insisté.

Selon lui, l'organisation des exploitants en coopératives pourrait constituer une piste pour faciliter leur intégration dans le nouveau dispositif minier. Il rappelle que le Code minier encadre l'exploitation artisanale et que les exploitants ne devraient pas continuer à travailler individuellement en dehors des structures reconnues.

Jean-Baptiste Leni

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