La gouvernance des ressources naturelles s’impose désormais comme un enjeu majeur pour la paix et la sécurité internationales. C’est ce qu’a défendu la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée aux liens entre ressources naturelles et conflits.
« Aujourd’hui, une réalité s’impose avec une évidence croissante : la gouvernance des ressources naturelles est devenue un enjeu majeur de paix et de sécurité internationale. C’est cette conviction qui a conduit notre pays à inscrire ce débat à l’ordre du jour de notre Conseil, afin d’inviter la communauté internationale à porter un regard nouveau sur l’un des déterminants majeurs des conflits contemporains », a déclaré Thérèse Kayikwamba Wagner.
À elle d’ajouter:
« Le monde a changé. Les minerais critiques, l’eau, les forêts, les ressources énergétiques, les terres arables et la biodiversité sont désormais au cœur de la transition énergétique, de la révolution numérique, de la sécurité alimentaire et du développement économique. Jamais les ressources naturelles n’ont autant compté pour l’avenir de l’humanité ».
Thérèse Kayikwamba Wagner réaffirme que les ressources naturelles sont utilisées actuellement pour financer des groupes armés, alimenter des économies criminelles et fragiliser les institutions publiques.
« Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, elles continuent d’alimenter les conflits, de financer les groupes armés, de nourrir les économies criminelles, de fragiliser les États et de priver les populations des bénéfices légitimes de leurs propres richesses. Tel est le paradoxe de notre époque : les ressources naturelles peuvent être le fondement d’une prospérité partagée, ou le moteur d’une prédation. Tout dépend de la manière dont elles sont gouvernées », a-t-elle déclaré.
La RDC face au paradoxe de ses richesses naturelles
Pour la République démocratique du Congo, cette problématique revêt une dimension particulière. Le pays dispose d'importantes ressources minières, d’un potentiel hydroélectrique considérable, de vastes terres arables ainsi que d’une biodiversité exceptionnelle, notamment dans le bassin du Congo.
Cependant, cette abondance n’a pas toujours bénéficié aux populations congolaises. Dans l’est du pays, l’exploitation illégale des ressources naturelles reste associée aux activités de groupes armés et aux circuits de contrebande qui alimentent l’instabilité.
« Pour la République démocratique du Congo, cette question n’est ni théorique ni lointaine. Elle touche à notre histoire, à notre peuple et à notre avenir. Notre pays compte parmi les plus riches du monde en ressources naturelles. Ses minerais, son potentiel hydroélectrique, ses vastes terres arables, son exceptionnelle biodiversité et le bassin du Congo, l’un des principaux puits de carbone, constituent un patrimoine dont l’importance dépasse largement nos frontières », a expliqué la ministre d’État.
Elle estime toutefois que cette richesse a trop souvent été transformée en source de vulnérabilité plutôt qu’en levier de développement.
« Pourtant, cette richesse s’est trop souvent transformée en vulnérabilité. Là où elle aurait dû financer le développement, elle a alimenté la prédation, la violence et l’instabilité. Dans l’est de mon pays, la paix durable demeure indissociable de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, du démantèlement des groupes armés, de l’assèchement de leurs circuits de financement et de la fin des réseaux qui permettent à des minerais issus des zones de conflit d’intégrer les chaînes d’approvisionnement mondiales », a-t-elle poursuivi.
Jean-Baptiste Leni