L’Union des Sociétés Minières aux Capitaux Chinois en RDC (USMCC) estime, dans un communique public, que les accusations faisant état d’une teneur excessive en uranium dans le cobalt produit par les entreprises minières chinoises du sud-est de la République démocratique du Congo portent atteinte au fonctionnement normal du secteur et à l’image du cobalt congolais sur le marché international.
Dans une déclaration publiée le 5 août 2026, l’organisation affirme que les informations diffusées ces dernières semaines sur les réseaux sociaux et dans certains milieux professionnels sont « infondées » et qu’elles créent un climat de méfiance autour des produits cobaltifères issus des mines exploitées par des sociétés chinoises.
« Ces allégations trompent les marchés, perturbent le bon déroulement des activités industrielles et commerciales et portent atteinte à la réputation des entreprises minières chinoises opérant en RDC ainsi qu’à la crédibilité commerciale des produits de cobalt sur le marché international », indique l’USMCC.
L’organisation dit avoir procédé à une vérification interne et assure qu’aucun produit de cobalt extrait, transformé et exporté par ses entreprises membres ne présente une teneur en uranium supérieure aux normes applicables.
« Toutes les entreprises minières chinoises en activité dans le sud-est de la RDC respectent scrupuleusement la réglementation minière congolaise ainsi que les normes d’analyse reconnues dans le commerce international », soutient-elle.
L’USMCC rappelle également que toute activité liée à l’exploration, à l’exploitation, à la transformation ou au commerce de ressources uranifères relève de la supervision des autorités compétentes de la RDC. Selon elle, les produits d’hydroxyde de cobalt obtenus dans des conditions normales de production ne contiennent que des traces naturelles très faibles d’uranium, insuffisantes pour envisager une extraction industrielle rentable.
L’organisation annonce enfin qu’elle poursuivra ses contrôles réguliers de qualité et qu’elle continuera à publier de manière transparente les résultats de ses analyses afin de préserver la confiance des acteurs du marché international du cobalt.
Ce qu’il faut rappeler
La déclaration de l’USMCC intervient après la publication, fin juillet 2026, d’une enquête menée par Lighthouse Reports, le Financial Times et plusieurs chercheurs universitaires. Cette enquête soutient que des documents internes feraient apparaître, entre 2016 et 2020, plusieurs dépassements des seuils légaux congolais d’uranium dans du cobalt produit dans le sud-est de la RDC, notamment sur le site de Tenke Fungurume Mining (TFM).
Les auteurs de l’enquête avancent également que les exportations congolaises de cobalt pourraient contenir davantage d’uranium que ce qui était estimé jusqu’ici en raison de la présence naturelle de ce minerai radioactif dans la ceinture cuprifère du sud du pays. Ils évoquent un risque potentiel de prolifération nucléaire, tout en précisant qu’aucune preuve directe n’a été établie concernant une extraction d’uranium lors du raffinage du cobalt en Chine.
De différentes réactions enregistrées
Le groupe chinois CMOC, propriétaire de TFM, avait rapidement contesté les conclusions de l’enquête. L’entreprise affirmait que l’hydroxyde de cobalt commercialisé par sa filiale respecte les exigences réglementaires locales et les normes imposées par ses clients internationaux. CMOC soutient également que les analyses effectuées à certaines étapes du processus de production ne peuvent être assimilées aux caractéristiques du produit final livré aux clients et remet en cause l’utilisation d’un seuil unique de 75 parties par million pour évaluer la conformité du cobalt.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a, pour sa part, indiqué ne disposer d’aucun élément démontrant que la République démocratique du Congo aurait manqué à ses obligations en matière de garanties concernant les exportations de minerai de cobalt contenant de l’uranium.
De son côté, le gouvernement congolais a réagi dans un communiqué faisant savoir que la « présence d’uranium dans les gisements cuprifères et cobaltifères ne constitue ni une anomalie ni le fruit d’une démarche intentionnelle, ni même une violation de ses engagements internationaux ».
Jean-Baptiste Leni