En réponse à Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), qui accuse l’actuel régime d’avoir fait exploser la dette publique à 18 milliards de dollars américains, Doudou Fwamba, ministre congolais des Finances, évoque soit l’ignorance de l’ancien chef de l’État en matière de gestion économique et financière, soit sa mauvaise foi politique.
Sur son compte X, le ministre des Finances appelle à faire la différence entre l’assainissement de la dette publique et son utilisation comme levier de financement des projets d’infrastructures et des priorités du gouvernement.
Chiffres à l’appui, Doudou Fwamba démontre que la dette publique est à moins de 20 % du PIB, une moyenne largement en dessous de celle des pays de l’Afrique subsaharienne, dont le niveau d’endettement est de 60 % par rapport au PIB. Bref : la RDC n’est pas surendettée, comme le laisse insinuer Joseph Kabila.
Le dire « résulte soit de la mauvaise foi politique, soit de la méconnaissance des fondamentaux en matière de gestion économique et financière, ou encore d’une absence de vision stratégique en matière de financement du développement », écrit Doudou Fwamba.
Kabila est tombé dans une « dénégation psychologique »
Pour ce qui est de l’héritage économique du passé, le ministre Fwamba rappelle qu’en 2019, Joseph Kabila a laissé le pays avec un PIB nominal d’environ 50 milliards USD, au terme de ses 18 ans de gestion ; 1,3 milliard USD de réserves de change à la BCC ; un budget de 4 milliards USD ; un déficit du compte courant de la balance commerciale de -3,2 % du PIB ; aucun accès aux marchés des capitaux internationaux et aucun programme avec le Fonds monétaire international, suite à la mauvaise gouvernance et à l’absence de transparence.
Par contre, aujourd’hui, le ministre des Finances estime que le PIB nominal est de 120 milliards USD ; 8 milliards USD de réserves de change ; un budget de 18 milliards USD ; un déficit du compte courant réduit à (-1,3 %) du PIB en 2024 ; un accès aux marchés financiers internationaux et trois programmes formels avec le Fonds monétaire international.
Si Joseph Kabila pense avoir mieux fait dans le passé que le régime actuel, il est donc tombé à la fois dans un déni et dans une « dénégation psychologique », selon le ministre Doudou Fwamba.
Sur le plan social, le ministre des Finances cite la gratuité de l’enseignement primaire, celle de la maternité, l’assurance de santé pour les professeurs des universités et les magistrats, la construction des universités modernes, des nouvelles pistes d’atterrissage d’avions, des routes, ainsi que le programme de développement local des 145 territoires comme les grandes réalisations du régime de Félix Tshisekedi, non atteintes sous l’ancien régime de Kabila, malgré ses 18 ans de règne.
« La RDC d’aujourd’hui est un pays en pleine transformation économique et sociale. Une économie robuste, résiliente et engagée vers sa diversification. Un pays plus crédible et une nation qui se transforme », a indiqué Doudou Fwamba.
Doudou Fwamba n’a toutefois rien dit sur les autres reproches de Joseph Kabila au pouvoir en place, à savoir la corruption et le détournement des deniers, qui se sont aggravés depuis l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir, ainsi que ce qu’il qualifie de « bradage » des « minerais critiques » qui, selon lui, « n’a jamais à ce point hypothéqué l’indépendance nationale et l’avenir des générations futures ».
Bruno Nsaka