Kolwezi : l’IPDHOR dénonce le silence des autorités après les affrontements entre exploitants miniers artisanaux et forces de l’ordre

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PAR Deskeco - , Dans Mines

 

L’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR) alerte sur la dégradation de la situation sécuritaire à Kolwezi, dans la province du Lualaba, où des affrontements entre exploitants miniers artisanaux et forces de l’ordre auraient fait plusieurs morts, plus de 20 blessés et conduit à l’arrestation de plus de 60 personnes.

Dans un communiqué publié lundi 26 octobre 2026, l’organisation déplore le silence des autorités provinciales et appelle à des mesures urgentes pour protéger la population.

Selon les résultats de son investigation, quatre blessés seraient toujours hospitalisés au Centre de santé de Kasulo, sans avoir bénéficié de visites ni d’une assistance suffisante des autorités provinciales. L’IPDHOR souligne également l’absence de communication officielle claire sur les circonstances des violences, le bilan humain et les mesures prises pour rétablir la sécurité.

La situation demeurait préoccupante lundi, à la suite d’informations faisant état d’attaques contre des travailleurs de Chemaf, attribuées à des individus présentés comme des exploitants miniers artisanaux. Ces informations auraient accentué la panique dans plusieurs quartiers de la ville, notamment à Mutoshi, Kasulo, Cinq, Diur et Lafatain.

L’organisation rapporte des mouvements de fuite et de dispersion parmi les habitants. Des parents se seraient précipités dans les écoles pour récupérer leurs enfants, tandis que des travailleurs et d’autres résidents cherchaient à se mettre à l’abri.

L’IPDHOR exige des mesures urgentes

Face à cette situation, l’IPDHOR exige du gouvernement provincial du Lualaba une communication officielle immédiate sur la situation sécuritaire, ainsi que des mesures urgentes pour protéger les populations et assurer la prise en charge des blessés.

Elle demande également au gouvernement national d’accorder une attention particulière à la situation de Kolwezi et d’envisager une mission indépendante d’évaluation des violences.

L’organisation réclame par ailleurs la publication d’un bilan officiel et transparent des décès, des blessés et des personnes arrêtées. Elle insiste aussi sur la nécessité de communiquer les lieux de détention, de garantir les droits des personnes interpellées et de mener des enquêtes indépendantes afin d’établir les éventuelles responsabilités.

Dans le cadre de ses revendications, l’IPDHOR demande la suspension du ministre provincial de l’Intérieur et de la Sécurité ainsi que de celui des Mines, dans l’attente d’une évaluation administrative de la gestion de cette crise.

Un appel au dialogue dans le secteur minier

Au-delà des mesures sécuritaires, l’organisation appelle l’Entreprise générale du cobalt (EGC) à promouvoir un dialogue inclusif entre les exploitants miniers artisanaux, les coopératives, les entreprises minières, les entités de traitement et les autorités. L’objectif est de trouver des solutions durables aux revendications des communautés concernées par l’exploitation minière.

L’IPDHOR rappelle que les différends liés à l’exploitation artisanale et à l’accès aux sites miniers ne sauraient justifier des violences contre les civils ou les travailleurs. Elle appelle toutes les parties à faire preuve de retenue, à privilégier le dialogue et à rejeter toute forme de représailles.

L’organisation estime enfin qu’il incombe aux autorités de protéger les personnes, de prévenir les violences et de veiller à ce que les interventions des forces de l’ordre respectent les droits humains et les lois en vigueur.

Pour l’IPDHOR, la sécurité des communautés, la protection des travailleurs et le respect des droits humains doivent demeurer des priorités absolues.

Divine Mbala

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