Guerre en RDC : les besoins humanitaires des Congolais réfugiés au Burundi estimés à 33 millions USD jusqu'au 31 mars prochain

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PAR Deskeco - 19 jan 2026 08:25, Dans Actualités

Les besoins humanitaires des Congolais qui ont fui la guerre d'agression rwandaise pour se réfugier au Burundi sont estimés à trente-trois millions de dollars américains (33 millions USD) jusqu'au 31 mars prochain. Ces prévisions ont été révélées par la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, dans son intervention samedi au briefing spécial organisé par le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.

Ève Bazaiba, qui revient d'une mission humanitaire au Burundi et en Tanzanie, a rapporté à la presse :

« En Tanzanie comme au Burundi, nous sommes intervenus avec de l'aide humanitaire et des dons de vivres et de non-vivres. Il y a eu des protocoles d'accord que nous avons signés avec le Burundi et la Tanzanie, en tenant compte des spécificités de chacun de ces États. Le HCR a ses partenaires qui lui fournissent ce genre de services traditionnels. Nous avons tout acheté localement (...) On ne peut pas s'en sortir, même si nous étions en train de payer au moyen de factures proforma qui nous étaient données suivant les besoins. Au Burundi, les besoins humanitaires s'évaluent à 33 millions USD d'ici le 31 mars. La RDC a donné ce qu'elle pouvait donner selon les types de rubriques des vivres et des non-vivres, etc ».

À l'en croire, au Burundi, il y a environ 250 000 Congolais répartis dans au moins sept sites. Le principal groupe se trouve dans le site de Busuma où il y a 67 000 compatriotes dont 30 000 enfants et 2 200 autres (âgés de 3 à moins de 18 ans) non accompagnés qui ne savent pas d'où ils viennent.

La ministre d'État a justifié l'intervention du gouvernement congolais en faveur de ses ressortissants en situation difficile au Burundi.

« Ces populations sont dans une situation difficile parce que le grand donateur de l'aide humanitaire (les États-Unis d'Amérique) a revu sa politique. Et du coup, beaucoup d'agences humanitaires et d'organisations internationales qui étaient sur le terrain en train de dispenser l'aide humanitaire ont plié bagage. Et le poids retombe maintenant sur les pays d'accueil. À cet effet, le Burundi qui avait lancé l'appel, a vu la RDC répondre en premier jusque-là. Et c'est un devoir pour nous, quand bien même nous avons dérogé à la règle. Car, en principe, conformément au droit humanitaire international, en pareilles circonstances, le pays d'origine n'intervient pas directement auprès de ses ressortissants quand ils ont le statut de réfugiés. Mais, dans des situations exceptionnelles (comme celle de la guerre d'agression rwandaise en RDC et face à l'appel lancé par le Burundi), le premier à réagir c'est le pays d'origine parce que ce sont ses ressortissants ».

Selon la ministre Bazaiba, en Tanzanie, il y a 87 000 Congolais dont 50 000 enfants de 0 à moins de 18 ans. Sans oublier 28 nouvelles naissances signalées dès son arrivée et d'autres réfugiés congolais enregistrés en Ouganda mais qui ont traversé en Tanzanie.

Au nom du chef de l'État et de celui du gouvernement, la ministre d’État Ève Bazaiba Masudi a conduit une mission humanitaire au Burundi et en Tanzanie. Elle était accompagnée de son collègue, ministre délégué à la Francophonie et aux Congolais de l'Étranger, et du représentant du ministre des Droits humains. La mission a été coordonnée à distance par le vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur, qui a dans ses attributions la gestion des réfugiés congolais qui se sont déplacés au-delà des frontières nationales à cause de l'agression rwandaise et de ses supplétifs du M23.

Bienvenu Ipan

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