Lors de la 78ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres tenue ce vendredi 13 février 2026, le président de la République, Félix Tshisekedi, a axé sa communication sur la question du financement du Conseil congolais de la batterie (CCB), qu’il considère comme un levier stratégique majeur pour la transformation économique de la RDC.
En ouvrant son intervention, le Chef de l’État a rappelé que la création du Conseil congolais de la batterie matérialise un engagement stratégique du gouvernement visant à structurer les chaînes de valeur des minerais stratégiques et à inscrire résolument le pays dans une trajectoire de transformation économique durable, rompant avec le modèle exclusivement extractif.
À ce jour, le secteur minier congolais génère un chiffre d’affaires estimé à plus de 30 milliards de dollars américains. Toutefois, selon les analyses économiques internationales citées par le compte rendu du conseil, l’accès au premier palier de la transformation locale pourrait multiplier ces revenus par trois, voire par quatre.
Mieux encore, l’intégration progressive de segments supérieurs de la chaîne de valeur, notamment dans la production de batteries et de véhicules électriques, pourrait, à terme, accroître de manière significative les retombées économiques issues des ressources naturelles du pays. Des effets structurants sont attendus sur l’emploi, les recettes publiques et la résilience globale de l’économie nationale.
Malgré ces perspectives prometteuses, Félix Tshisekedi a constaté que le mécanisme de financement prévu par le texte portant création du Conseil congolais de la batterie n’est pas appliqué conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur.
En particulier, l’affectation de 10 % de la redevance minière revenant à la quotité du gouvernement central, censée constituer la principale source de financement du CCB, ne serait pas exécutée comme prévu.
Cette situation est jugée d’autant plus préoccupante que le Conseil congolais de la batterie représente l’un des piliers opérationnels de la politique stratégique nationale en matière de valorisation des minerais critiques, renseigne le compte rendu du conseil.
Cette dynamique bénéficie par ailleurs de l’appui de partenaires internationaux de premier plan, notamment les États-Unis, aux côtés de la République de Zambie, dans le cadre du mémorandum d’entente signé en décembre 2022 sur la production locale de batteries et de véhicules électriques.
Face à ces manquements, le Chef de l’État a engagé instamment la première ministre à mobiliser l’ensemble des membres du gouvernement concernés par l’exécution du décret portant création, organisation et fonctionnement de ce conseil. Il a appelé à la prise diligente des actes juridiques nécessaires afin de garantir à cette structure un accès effectif et direct à sa principale source de financement, telle que prévue à l’article 23 dudit décret.
L’objectif est clair : doter le Conseil des moyens indispensables à l’accomplissement de ses missions stratégiques, au service de la transformation économique nationale.
Jean-Baptiste Leni