Dans un communiqué de ce lundi 16 février 2026 consulté par Deskeco, l’Institut de recherches en droits humains (IRDH) juge « dérisoire » le montant de 6 millions USD exigé à la société Congo Dongfang International Mining (CDM) à titre de réparation corrective pour avoir commis un grave incident environnemental dans la ville de Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, le 4 novembre 2025.
L'IRDH exige « une indemnisation de 100 millions USD au titre de l'exposition aux perturbateurs endocriniens, dont les dommages irréversibles sur le système hormonal présentent des risques transgénérationnels majeurs ».
« Ce fonds est destiné à la création d'un centre de référence médicale spécialisé dans le diagnostic, le traitement et le suivi à long terme des pathologies minières. Ce centre intégrera des capacités de recherche et de surveillance épidémiologique », indique cet institut.
Cet organisme se félicite que la commission d'enquête mise en place par le gouvernement soit parvenue aux mêmes conclusions que celles contenues dans son récent rapport sur la pollution de la société CDM.
« L'ampleur de la catastrophe environnementale et sanitaire est considérable. Plus de 2,5 millions de mètres cubes de lixiviat acide se sont répandus dans des quartiers densément peuplés. L'analyse des experts y a détecté un pH de 2,5, soit une acidité 10 000 fois supérieure à la norme de l'OMS », renseigne le communiqué.
Les experts de la commission gouvernementale estiment également que les substances toxiques contenues dans les eaux entraîneront des risques sanitaires majeurs à long terme, notamment en tant que perturbateurs endocriniens (PE).
« Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), un PE altère les fonctions du système hormonal et entraîne des effets néfastes sur la santé d'un organisme, de sa progéniture ou de sous-populations », écrit l'IRDH.
Vendredi dernier, le ministère des Mines avait annoncé la fin de l'enquête par la commission mise en place. Il avait annoncé par la même occasion que, sur le plan sanitaire, 670 personnes avaient été prises en charge médicalement à l'Hôpital général de référence Jason Sendwe. Sur le plan humanitaire, 350 ménages affectés avaient bénéficié d'une assistance directe, tandis que 30 000 litres d'eau potable sont distribués quotidiennement et que 15 forages ont été programmés, dont 7 déjà réalisés fin décembre 2025, afin de garantir un accès durable à l'eau.