Transition énergétique : Un rapport révèle comment l’exploitation du cobalt par CMOC met en danger les vies des communautés locales en RDC

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PAR Deskeco - 10 mar 2026 10:50, Dans Mines

Le Cobalt et le cuivre de la République démocratique du Congo (RDC) jouent un rôle prépondérant dans la transition énergétique dans le monde, notamment pour la fabrication des véhicules électriques. Toutefois, leur exploitation provoque des conséquences sanitaires graves sur les communautés locales des zones exploitées. C’est ce que révèle un nouveau rapport de l'Environmental Investigation Agency US (EIA) et de PremiCongo, intitulé « Toxic Transition ».

Toux répétitive, vomissement de sang : de fortes allégations contre CMOC Group Limited

L’exploitation du cuivre et du cobalt par CMOC Group Limited, premier producteur mondial de cobalt, empoisonne l’air, principalement à la mine de Tenke Fungurume, et provoque la toux répétitive, les saignements de nez, ainsi que les vomissements de sang, selon le rapport. Grâce à une analyse à grande échelle des dossiers médicaux, une surveillance indépendante de la qualité de l'air et des entretiens avec des travailleurs, des membres de la communauté et des initiés de l'entreprise, les enquêteurs sont arrivés à la conclusion que l'expansion de la mine de Tenke Fungurume a affecté les populations. Le document évoque l’examen par l’EIA de plus de 1 200 dossiers de santé publique, rendus anonymes et provenant d'un dispensaire situé à proximité de l'usine 30k, exploitée par CMOC depuis 2023.

« Ce rapport met en lumière le coût humain de la transition énergétique mondiale et de l'essor des véhicules électriques, alors que les constructeurs automobiles continuent de fermer les yeux sur leurs chaînes d'approvisionnement », a déclaré Christian Bwenda, coordinateur de PremiCongo.

TFM nie : pas de pollution

En réaction à ces conclusions du rapport, Tenke Fungurume Mining (TFM) nie l’existence de la pollution dans les mines qu’il exploite. Il indique que toutes les données de surveillance collectées fin 2024 et début 2025 indiquent l'absence de pollution, la concentration de SO2 restant dans la limite réglementaire applicable. Selon l’entreprise, toute personne est obligée d'interrompre sur le site un travail dangereux, et il est interdit de le reprendre tant que les risques ne sont pas maîtrisés.

Quelle responsabilité pour les constructeurs automobiles occidentaux bénéficiaires du cobalt de TFM ?

Selon le rapport, les grands constructeurs automobiles occidentaux, à l’instar de BMW, Mercedes-Benz, Peugeot et Volkswagen, s’approvisionnent en cobalt de TFM pour construire les véhicules électriques. Et pourtant, ces constructeurs n’assument pas leur responsabilité de base pour leur chaîne d’approvisionnement et son coût humain, regrette Alexander von Bismarck, de l’EIA. Tous les constructeurs cités dans le rapport ont par ailleurs affirmé s'approvisionner indirectement en cobalt auprès de TFM pour la production de leurs véhicules électriques.

Certains d’entre eux ont promis de s’engager dans un dialogue avec TFM, à l’instar de Mercedes-Benz. BMW a par ailleurs dit vouloir enquêter sur les indices de violation dans ses chaînes d’approvisionnement.

Quand les règles de gouvernance sont mises en cause

Ces nouvelles allégations suscitent des interrogations légitimes sur le respect des normes internationales en matière d’environnement dans l’exploitation minière. En effet, TFM est devenue en 2024 la première mine en Afrique détenue par des Chinois à recevoir le Copper Mark, une norme axée sur les conditions de travail et les droits des travailleurs. L’EIA se pose la question de la crédibilité de cette norme, tant que des conditions de travail et des allégations de violation des normes environnementales continuent à peser sur l’entreprise.

De son côté, TFM a affirmé en 2025 être pleinement satisfaisant à 100 % des 31 critères applicables du Copper Mark.

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