Réunis autour d’une table ronde ouverte le lundi 4 mai 2026 à Kinshasa, des acteurs institutionnels, techniques et politiques réfléchissent à faire de l’aménagement du territoire un véritable socle de la transformation nationale, en articulant de manière cohérente les dynamiques économiques, sociales et environnementales.
Organisées à l’initiative du ministère de l’Aménagement du territoire, ces assises affichent la volonté du gouvernement de poser les bases d’une politique nationale cohérente, intégrée et durable dans le secteur.
Ouvrant les assises qui se poursuivent jusqu’à ce mardi, la Première ministre, Judith Suminwa, a souligné que l’aménagement du territoire constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour la RDC.
« Il conditionne à la fois la valorisation de nos ressources, l’équilibre du développement entre les provinces et la cohérence de l’action publique », a déclaré la cheffe de l’exécutif national.
Elle a balayé devant l’assistance les défis structurels importants de ce secteur, outre le défi sécuritaire lié à l’agression injuste imposée par le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23.
Il s’agit notamment de l’urbanisation rapide et insuffisamment maîtrisée, de l’exploitation parfois non planifiée des ressources naturelles, des difficultés persistantes en matière de gestion foncière, ainsi qu’une pression démographique croissante.
Le CNAT : pour un suivi efficace de l’aménagement du territoire
La Première ministre, consciente des enjeux, a d’ailleurs rappelé son décret n° 26/09 du 30 mars 2026 portant création du Conseil National de l’Aménagement du Territoire (CNAT). Cet organe a pour mission, entre autres, de fixer les orientations et les objectifs de la politique nationale d’aménagement du territoire ; d’arrêter les modalités d’élaboration, de suivi et de révision du plan national d’aménagement du territoire ; et de veiller à la prise en compte de l’ensemble du territoire national dans les programmes d’investissements publics et privés.
Désormais, un coup d’accélérateur est donné pour impulser le développement économique du pays. Durant deux jours, l’ensemble des acteurs institutionnels, techniques et politiques vont réfléchir à un diagnostic partagé et à une vision commune.
Judith Suminwa a également précisé que cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a fait de la transformation structurelle du pays une priorité, intégrée dans le programme d’actions de son gouvernement.
« La table ronde en cours s’aligne également sur les orientations du Programme d’actions du Gouvernement 2024–2028, qui consacre l’aménagement du territoire comme un instrument stratégique pour assurer une meilleure connectivité, réduire les disparités régionales et promouvoir un développement équilibré », a conclu la Première ministre.
Pour sa part, le ministre de l’Aménagement du territoire, Jean-Lucien Bussa, a fixé la feuille de route des travaux de cette table ronde, censée notamment identifier les priorités à court terme, planifier et affecter les espaces selon des vocations économiques et sociales bien définies, afin de garantir une utilisation rationnelle, équilibrée et durable de l’espace national.
« Une telle approche permet non seulement d’optimiser les ressources disponibles, mais également de réduire les déséquilibres territoriaux, d’atteindre très rapidement la transformation économique totale et de répondre efficacement aux besoins des populations », a-t-il assuré.
Cette cérémonie inaugurale a mobilisé plusieurs acteurs de la vie publique, parmi eux les parlementaires, les membres du gouvernement central, les gouverneurs de province, les ministres provinciaux en charge de l’Aménagement du territoire, des hauts cadres de l’administration publique, les autorités traditionnelles ainsi que les partenaires techniques et financiers.
Bienvenu Ipan