Interdiction de la présence des militaires et policiers dans les sites miniers : la RDC veut renforcer la gouvernance du secteur

ivanhoe Mines
PAR Deskeco - 12 juil 2026 18:20, Dans Mines

 

 Saisi de la présence récurrente et persistante de militaires et d’éléments de la Police nationale sur certains sites miniers à travers le territoire national, le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi, a rappelé l’interdiction stricte de toute occupation ou tout envahissement de ces sites d’exploitation minière par des militaires ou des éléments des forces de sécurité, en dehors des missions légalement autorisées ou expressément ordonnées par les autorités compétentes dans les limites de leurs objectifs. 

"Une telle situation entretient des perceptions négatives sur la gouvernance de nos ressources naturelles, fragilise les mécanismes de contrôle, favorise les circuits illicites et compromet les efforts déployés par le gouvernement en faveur d’une exploitation responsable, transparente et conforme aux standards internationaux", a souligné Félix Antoine Tshisekedi, lors de son intervention à la quatre-vingt-quatorzième réunion ordinaire du Conseil des ministres. 

Le chef de l'État a rappelé l’importance stratégique du secteur minier pour le développement économique de notre pays ainsi que l’impérieuse nécessité de renforcer la gouvernance, la transparence et la crédibilité sur les marchés internationaux. 

" Pour le Président de la République, il est hors de question de laisser des tels agissements préoccupants porter gravement atteinte à l’autorité de l’Etat, à l’image de notre pays, à la crédibilité des réformes engagées dans le secteur minier ainsi qu’à la confiance des investisseurs et des partenaires nationaux et internationaux", a-t-on lu. 

" Car, la militarisation illégale des sites miniers entraîne notamment la privation de la jouissance paisible des droits miniers par leurs titulaires légitimes, l’insécurité dans les zones d’exploitation, les actes d’intimidation, de tracasserie et d’extorsion à l’encontre des services de l’Etat, des opérateurs miniers et des communautés locales, la perturbation des chaînes d’approvisionnement et de traçabilité des minerais, ainsi que le développement de réseaux de fraude, de contrebande et d’enrichissement illicite", a-t-on estimé. 

Prendre toutes les mesures 

 "Dès lors, le Président de la République a instruit le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, le vice -Premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens combattants, le chef d’Etat-Major général des FARDC ainsi que le commissaire général de la Police nationale, chacun en ce qui le concerne, de prendre sans délai toutes les mesures nécessaires pour mettre définitivement fin à toute forme de militarisation illégale des sites miniers sur l’ensemble du territoire national, et ceci, avec exécution immédiate", a-t-on lu.

 À ce titre, a-t-il insisté, ils veilleront notamment au retrait immédiat des militaires et autres hommes en uniforme présents illégalement sur les sites miniers, à la cessation de toute ingérence des forces de défense et de sécurité dans les activités minières, à la sécurisation des sites conformément au cadre légal en vigueur, ainsi qu’au démantèlement des réseaux de fraude et d’exploitation minière illégale soutenus ou protégés par des hommes en uniforme.

 « Des sanctions exemplaires devraient être prises à l’encontre de tous ceux qui y sont de manière irrégulière », a martelé le président de la République relayé dans le document. 

 Par ailleurs, subsidiairement à ses instructions données lors de la 87ème réunion du Conseil des ministres, le gouvernement a été invité à renforcer les mécanismes de contrôle, de certification, de traçabilité et de suivi des chaînes d’approvisionnement des minerais, afin d’en garantir la conformité aux exigences nationales et internationales, tout en préservant les droits des opérateurs légalement établis et des communautés locales. 

Bienvenu Ipan 

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