Rien ne va plus entre les opérateurs économiques du territoire de Aru et les autorités de la province du Haut-Uele. Réunis en assemblée élargie mardi 17 février, les membres de la Fédération des Entreprises du Congo, section d’Aru, ont dénoncé la pression fiscale accrue de la part du gouvernement provincial de Haut-Uele, ainsi que la dégradation du climat des affaires.
Situé à environ 230 kilomètres de la frontière provinciale et relevant administrativement de la province de l’Ituri, le territoire d’Aru entretient des liens économiques étroits avec le Haut-Uele. Les opérateurs économiques d’Aru figurent parmi les principaux acteurs commerciaux dans plusieurs centres urbains de cette province voisine.
À l’issue de leur réunion, les membres de la corporation ont dénoncé la multiplication des taxes et des barrières, la hausse des taux de consommation, ainsi que ce qu’ils considèrent comme une forme de méfiance dans les relations économiques. Ils évoquent également le non-respect d’engagements pris par les autorités provinciales.
Selon Drabho Amasi Robert, président territorial de la FEC/Aru, les opérateurs économiques ont dressé un constat global des difficultés rencontrées dans leurs activités au Haut-Uele.
« Nous avons échangé sur la multiplicité de taxes et barrières au niveau de Haut-Uélé, deuxièmement sur l’augmentation de taux de taxes sur la consommation, et puis troisièmement nous avons constaté une certaine méfiance comme si c’est le tribalisme dans les affaires. Nous avons également constaté le non-respect des engagements avec le gouvernement provincial du Haut-Uele » a confié à Actualite.cd Drabho Amasi Robert.
Avant d’ajouter,
« Nous avons convenu que tout comme le gouvernement de Haut-Uele veut toujours minimiser les opérateurs économiques de l’Ituri, soit il facture trop cher la facture, le taux de charge du jour au lendemain, alors nous ne savons pas pourquoi il le fait, ou bien il veut indirectement minimiser les opérateurs économiques du territoire d’Aru en particulier, et généralement de l’Ituri. Alors nous nous sommes dit que nous devons nous prendre en charge ».
Les opérateurs économiques affirment également que plusieurs discussions antérieures avec les autorités provinciales n’ont pas abouti à des résultats concrets. Ils rappellent notamment des échanges avec les différents gouverneurs qui se sont succédé à la tête de la province, dont Baseane Nanga, ainsi qu’une rencontre à Isiro au cours de laquelle des promesses ont été formulées.
« Ils avaient promis qu’ils allaient nous répondre tout en diminuant 30 % des taxes, rien n’a été fait jusqu’à ce jour », a déclaré le président territorial de la FEC/Aru.
Face à cette situation, les opérateurs économiques du territoire d’Aru affirment vouloir se prendre en charge et envisager des mesures pour défendre leurs intérêts dans leurs relations économiques avec la province voisine. Face à cette dénonciation, le gouvernement provincial de Haut-Uele n’a encore réagi, toutefois il sera saisi par un document officiel renfermant les réclamations des opérateurs économiques, confie une source à Actualite.cd.
Jean-Baptiste Leni